- la vigne sauvage poussait en Gaule, mais pas de preuves d'utilisation particulière, et de toutes façons pas de vin.
- Boisson fermentée traditionnelle en Gaule : bière (cervoise) et hydromel
- qui vivait en Gaule ? peuplades celtes origine germanique, sur un fond plus ancien inconnu (sauf dans le sud, peuple Ligure.)
- les Grecs débarquent à Marseille, fondent un petit comptoir, et commercent avec les Ligures, puis avec les Gaulois du littoral languedocien.
- Puis ils remontent la vallée du Rhône (eux ou des commercants gaulois) et approchent les peuples gaulois des régions alpines, lyonnaises, bourguignonnes. Le commerce entre vin d'un côté et métaux de l'autre est florissant. Mais le vin est juste destiné aux très riches dignitaires gaulois (rois, nobles) et reste instrument de reconnaissance, de pouvoir.
- Puis le clergé et quelques chefs gaulois réagissent contre cette boisson : pendant 2 siècles, disparition totale de toute trace de vin, d'amphores. Certainement réaction politique et religieuse pour défendre la culture gauloise, et rejeter la boisson de l'étranger qui corrompt la société.
- Les Gaulois envahissent le sud, puis l'Italie, la Grèce, jusque à la Turquie. Mélange et découverte d'autres cultures, et du vin. Terreur des populations romaines, et mythe du Gaulois ivre de vin.
- Ier s. av. JC : les Gaulois adoptent de nouveau le vin, mais toujours d'une façon élitiste. Les chefs organisent des grands banquets « électoraux ». Les druides aussi commencent à intégrer le vin dans leur culte.
- Puis les Romains envahissent et conquièrent la Gaule. La colonisation se met rapidement en place par l'arrivée et l'installation des vétérans à qui on offre des terres, et qu'ils mettent en culture avec la vigne. C'est le vrai départ de la viticulture en Gaule.
- Les domaines fleurissent au 1er siècle dans toute la Gaule, Languedoc-Provence, Vallée du Rhône, Aquitaine-Bordeaux, Bourgogne (assez tard), Moselle ? La Gaule devient rapidement grosse productrice de vin, exporte vers Rome, vers l'Angleterre (déjà !). Les cépages se diversifient, avec la plantation dans de nouveaux climats plus froids que traditionnellement.
petit historique des origines du vignoble français (Gaule)
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Vitis
Diversité des cépages géorgiens
Rencontre avec Giorgi Samanishvili, oenologue géorgien qui (entre autre) travaille pour le "National Centre for Grapevine and Fruit Tree Planting Material Propagation". Il s'agit d'un conservatoire des cépages géorgiens créé depuis l'effondrement et le départ des soviétiques pour retrouver et préserver la diversité ampélologique de ce pays berceau de la viticulture (voir post
Balade sur le site avec un guide éclairé, et dans un français... remarquable !
Caucase, lieu de création...
Je me souviens d'un livre sur les arbres, une flore qu'on avait quand j'étais enfant, où l'on décrit les arbres de nos régions d'Europe. Dans un coin, au bas de la description, il y a l'origine connue ou supposée des espèces. Et, je ne sais pas, mais j'avais l'impression qu'à chaque fois que je regardais l'origine de nos arbres, tous, ceux des parcs, des forêts ou des vergers, les ormes, les charmes, les platanes, les pommiers, les poiriers, les abricotiers que sais-je, sans parler des arbustes, des arbrisseaux, des taillis, des haies... bref, à chaque fois... origine : Caucase, Asie Centrale ou Orientale. Mais vraiment ; Caucase revenait me semblait-il systématiquement.
Depuis j'ai repris les flores, finalement non, tout ne vient pas de là-bas.
Mais tout de même, cette région, cette profusion, cette diversité géographique, des reliefs, des climats, des micro-climats, l'influence chaude et humide de la mer Noire, l'influence froide et humide de la Caspienne, les vents glacés qui descendent des crêtes qui dépassent 5 000 mètres, le courant d'air chaud coincé entre le Petit et le Grand Caucase, le souffle brûlant des déserts d'Iran et de Syrie qui remonte et se glisse vers l’Azerbaïdjan .. Oui, le Caucase a tout pour réveiller la nature, la vie, la folie biologique, toutes les espèces peuvent se donner rendez-vous ici et convoler, expérimenter, inventer, avant de conquérir le monde...
Et les homme aussi !!!
Caucase, la montagne des langues, où la moindre vallée abritait un peuple différent, une langue autre, Babel n'est rien à côté de la montagne magique...
Depuis j'ai repris les flores, finalement non, tout ne vient pas de là-bas.
Mais tout de même, cette région, cette profusion, cette diversité géographique, des reliefs, des climats, des micro-climats, l'influence chaude et humide de la mer Noire, l'influence froide et humide de la Caspienne, les vents glacés qui descendent des crêtes qui dépassent 5 000 mètres, le courant d'air chaud coincé entre le Petit et le Grand Caucase, le souffle brûlant des déserts d'Iran et de Syrie qui remonte et se glisse vers l’Azerbaïdjan .. Oui, le Caucase a tout pour réveiller la nature, la vie, la folie biologique, toutes les espèces peuvent se donner rendez-vous ici et convoler, expérimenter, inventer, avant de conquérir le monde...
Et les homme aussi !!!
Caucase, la montagne des langues, où la moindre vallée abritait un peuple différent, une langue autre, Babel n'est rien à côté de la montagne magique...
Quand le vin arrive en Gaule
Diodore de Sicile (V,26) Bibliothèque Historique, Ier siècle av. JC.
Ma nuit au néolithique # 3
On vit ici, et nous
avons un secret, un don des esprits dont nous prenons soin, une tradition dont
les anciens parlent avec respect, avec crainte aussi car personne du village ne
peut expliquer quel sortilège, quelle force mystérieuse agit sur notre potion
magique ! Chez nous, on prépare le vin, un de nos ancêtres a un jour découvert,
inventé comment conserver le jus des raisins au lieu de les manger tout de
suite, il les a mis dans un creux de rocher, ou dans une calebasse, ces
récipients pratiques qui nous servent à tout, et les esprits sont venus et ont
transformé le jus en vin, la boisson des esprits qui emporte l'âme des humains
dans des mondes interdits...
Et c'est un grand
évènement d'avoir inventé le vin, parce que ça, les animaux ne savent pas le
faire, ils ne connaissent pas la gomme du térébinthe qui pousse dans les
collines et qui conserve le jus fermenté pendant la saison chaude, ils ne
connaissent pas les poteries de terre que maintenant on enterre dans le sol,
bien bouchées d'argile, pour que le vin reste à l'abri des rayons du soleil et
des chaleurs trop fortes...
Oui, le vin est
bien une invention des hommes, un signe de notre créativité, de notre
intelligence, de notre esprit curieux, un goût du jeu, du risque, du plaisir et
d'une aspiration à l'éternel.
Fondation de l'abbaye de Cîteaux # 1
Quand on se penche sur les circonstances de la fondation de Cîteaux, et de l'ordre cistercien, il y a un fait qui étonne toujours, qui laisse un peu songeur... Il s'agit de la frénésie de création de nouveaux sites monastiques à cette époque, ainsi que de la quantité de petits groupes de moines, ou de religieux de tous poils qui essaimaient un peu partout. Disons en tous cas sur le territoire bourguignon par exemple.C'est en lisant l'itinéraire de Robert de Molesmes, fondateur de Cîteaux que l'on découvre cette réalité.
Il naît près de Troyes (1029). A 15 ans, il rentre dans les ordres. Il y devient prieur (1053, il a 34 ans). En 1069, à 40 ans, il est appelé près de Tonnerre (Yonne, à 100 km de Troyes) pour diriger quelques moines. Ça ne se passe pas trop bien, la règle n'est pas assez strictement observée, il revient à Troyes. En 1072 (43 ans) il part à Provins. Puis il rejoint un groupe d'ermites dans la forêt de Colan (1074). Il les emmène à Molesme (Côte d'Or, juste en limite de l'Yonne) (1075)(46 ans) où il fonde une nouvelle abbaye. C'est un véritable succès, les donations abondent, le monastère devient très riche et s'étend sur la région : 35 prieurés en dépendent en 1098, 23 ans plus tard ! Mais ce développement rapide ne convient pas à Robert, la richesse surtout qui corrompt l'esprit presque ermitique dont il rêvait. Il part plusieurs fois à Aux en Savoie (entre 1090 et 1093)(60 ans). Puis il revient diriger Molesme. Finalement, le pape l'autorise avec quelques autres à partir fonder un nouveau site pour être plus près de la Règle de Saint Benoît.
Il partent et s'installent dans la vallée de la Saône au sud de Dijon en 1098 (70 ans) dans un lieu de "cistels" (roseaux). Cîteaux est né.
Les débuts sont difficiles, mais les soutiens politiques et financiers sont fermes, et la nouvelle abbaye survit. Encore une fois, ceux de Molesme le rappelle et Robert y retourne et meurt en 1111 (83 ans).
Le fait remarquable est cette persévérance dans la recherche d'un établissement monastique qui réponde profondément à l'élan mystique du nouveau millénaire. Cluny avait inventé un idéal monastique, avait ouvert la perspective d'une véritable installation de la recherche mystique, mais le succès et le temps l'avait réduite à pas grand-chose, du moins son idéal s'était raccorni. Alors partout des vocations, des êtres inspirés sont repartis en quête d'une vie plus pure, plus parfaite, et d'une structure pouvant l'abriter.Les "puissants" soutenaient ces êtres sincères et convaincus qui pouvaient leur assurer une certaine clémence divine, et du coup, les expériences se sont multipliées à l'époque. On est à l'orée de l'ère féodale, et le territoire s'est stabilisé dans son partage entre rois, ducs, seigneurs etc. L'église pousse aussi par tous les moyens à l'acquisition foncière et l'apparente innocence des moines et des monastères arrange certainement les deux pouvoirs, seigneurial et ecclésiastique.
Du coup, Robert, personnage certainement inspiré par une véritable vision mystique se débat-il toute sa vie pour trouver sa voie, son site, soit qu'il existe déjà, soit qu'il faille le créer de toutes pièces, et recommencer encore si ce n'est toujours pas la bonne formule !
sources :
http://www.encyclopedie-universelle.com/abbaye-cisterciens.html
http://users.skynet.be/am012324/exordium/fra/2.pdf
http://www.bm-dijon.fr/opacwebaloes/index.aspx?idpage=165
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Rayures
Venise, ville bâtie dans l'eau, sur l'eau, sous l'eau... et pourtant c'est le vin qui a permis ces palais, ces reflets.
Cimetière de kvevri
dans une ancienne "usine à vin" de l'époque soviétique en Kakhétie, on aperçoit le dos rond reconnaissable des kvevri, les immenses jarres traditionnelles de Géorgie... et qui remontent à l'Antiquité, les Grecs utilisaient cela aussi. On les enterre dans le sol et la température est régulée.
On s'arrête,... tournage.
Et rencontre avec David Chichua, spécialiste. Je mettrai l'interview en ligne bientôt.
En attendant, ballade dans un monde étrange de cruches géantes, le cellier de divinités bacchanales, la démesure et l'étrangeté de ces poteries abandonnées.
(musique Georgika - Xvaramze)
Association Kvevri : http://www.kvevri.org/fr/index.html
On s'arrête,... tournage.
En attendant, ballade dans un monde étrange de cruches géantes, le cellier de divinités bacchanales, la démesure et l'étrangeté de ces poteries abandonnées.
(musique Georgika - Xvaramze)
Association Kvevri : http://www.kvevri.org/fr/index.html
galère et réconfort (retour de tournage)
Retour de tournage en Imereti - Géorgie.
Il a neigé le matin, bon, on y va quand même, il faut rentrer à Tbilissi. 3/4 heures de route normalement.
On décide de passer par la montagne, un col pas trop haut, ça devrait passer.
Et le col, ça passe. On se dit que c'est bon, on s'engage dans la longue vallée qui longe l'Ossétie... on est à 5 kilomètres seulement de la frontière où les Russes ont fait la guerre il y a 4 ans... (et sont toujours là, avec les chars). Il n'y a pas un village, rien, 30 km de désert glacé... et les emmerdes commencent !!!
Finalement, après 3 heures d'efforts, 5 poses de chaînes, les doigts gelés, l'angoisse de se trouver bloqués là, au milieu de nulle part, on passe enfin !!!
Et voilà le genre d'endroit merveilleux que l'on trouve après, sur cette petite route perdue. Ça vaut bien toutes les galères ! Le meilleur khadjapuri de Géorgie, je vous le dis :)
Il a neigé le matin, bon, on y va quand même, il faut rentrer à Tbilissi. 3/4 heures de route normalement.
On décide de passer par la montagne, un col pas trop haut, ça devrait passer.
Et le col, ça passe. On se dit que c'est bon, on s'engage dans la longue vallée qui longe l'Ossétie... on est à 5 kilomètres seulement de la frontière où les Russes ont fait la guerre il y a 4 ans... (et sont toujours là, avec les chars). Il n'y a pas un village, rien, 30 km de désert glacé... et les emmerdes commencent !!!
Finalement, après 3 heures d'efforts, 5 poses de chaînes, les doigts gelés, l'angoisse de se trouver bloqués là, au milieu de nulle part, on passe enfin !!!
Et voilà le genre d'endroit merveilleux que l'on trouve après, sur cette petite route perdue. Ça vaut bien toutes les galères ! Le meilleur khadjapuri de Géorgie, je vous le dis :)
Petit cours d'archéo-botanique avec Nana
Rencontre au Musée National, dans la salle aux trésors ; on restaure le Musée pour une inauguration prochaine, et les chercheurs ont entassés leurs collections dans d'immenses salles en attendant, sous les plastiques. C'est mystérieux, émouvant, presque érotique : qu'est-ce que ces voiles blancs nous cachent, nous réservent, quelles merveilles, quelles surprises ?
(voir post Musée Secret)
On est là pour parler du vin des origines, mais Nana Rusishvili, ne l'entend pas de cette oreille, elle veut aussi parler du blé, qui est l'objet véritable de sa recherche :
le passage du blé sauvage au blé domestiqué, au néolithique.
Décidemment, cela peut bien se rapprocher de notre recherche sur la vigne des origines (voir (voir post A l'origine des origines)
Nous faisons l'interview :
Nana Rusishvili:
"Ce n'est pas prouvé, mais on peut penser que la vigne cultivée Vitis vinifera vient de la vigne sauvage Vitis sylvestris. Cela s'est passé sur le continent d'Eurasie où se trouve la vigne sauvage, dans les forêts. La Géorgie fait partie de cette région, et les preuves les plus tangibles qu'on ait depuis la période du néolithique dans les habitations, ce sont les fouilles de Arukhlo et Khamis Didi Gora qui appartiennent à la culture Shulaveri-Shomu Tepe. C'est grace aux pépins, d'après les études morphologiques, que l'on peut savoir si ils sont cultivés ou sauvages. Et justement on a prouvé que les pépins enterrés dans les habitations de la période néolithique appartiennent à la vigne cultivée, Vitis Vinifera.
Comment fait-on l'identification de ces pépins ? C'est par la forme et par les gênes. Et dans les fouilles, les pépins répondent à tous les critères de la vigne cultivée.
Ce n'est pas un hasard si la vigne est déjà cultivée, vu les outils que l'on a trouvé, qui nous montrent que l'agricultiure était déjà bien développée. Si la vigne était déjà domestiquée, c'est le résultat de ce développement avancé dans cette culture du néolithique.
Une des preuve de cette agriculture développée sur ce territoire, on la trouve sur les traces de blé sur une brique des maisons. (Elle nous montre une empreinte de végétal, on reconnait bien la forme du blé dans un fragment d'argile) Ca, c'est le blé "mou", ou blé tendre ! Et ce blé "mou" correspond à un stade d'évolution assez avancé ; on peut dire qu'au 6ème millénaire, le blé "mou" existait déjà. D'ailleurs, le blé avec lequel on se nourrit aujourd'hui, c'est ce blé "mou". En nettoyant les briques qui formaient les maisons dans les fouilles archéologiques, on a trouvé des traces de grains de ce blé.
Le blé sauvage est dur à travailler, c'est difficile d'extraire le grain de l'épi. Mais le blé sauvage arrive à se reproduire seul en tombant sur le sol quand il est mûr. Quand les gens ont commencé la domestication, ils ont fait la sélection instinctivement, ils ont choisi les espèces les plus faciles à travailler; et de plus en plus avec le temps, on a obtenu, non seulement du blé plus facile à travailler, mais on voit par exemple à Arakhlo apparaître le blé à 42 chromosomes (qui est la mutation génétique caractéristique du blé moderne, le blé tendre, alors que les formes plus primitives sont à 24 chromosomes), le blé "libre" avec les grains nus (donc plus faciles à extraire).
On dit que le Caucase, c'est la montagne des langues, mais on pourrait dire la même chose à propos du climat ; ici on trouve le climat de presque tout le monde entier. On a la mer, la montagne, le désert, le climat sub-tropical, et justement c'est cette diversité climatique a causé la diversification biologique. Par exemple pour le blé (ah ah, nous y revenons !) dans le monde entier on trouve 28 sortes de blé dont 21 sont originaires de Géorgie ! Dont 5 endémiques, qu'on ne peut pas trouver ailleurs ! Il y a 500 cépages de vigne en Géorgie et justement, cette diversification est causée par la diversité climatique qu'on trouve sur un aussi petit territoire.
Je peux parler aussi de la culture Koura-Araxe (du nom des 2 grands fleuves trans-caucasiens qui se jettent dans la Caspienne) qui suit la période néolithique. Les pépins de raisin que l'on a trouvé sont de plus en plus gros, ce sont des pépins des raisins de table.
(Puis elle cherche quelque chose, et elle nous montre des pépins dans une petite boîte) Ces pépins, trouvés à Kadashvili Gora, sont plus petits que ceux des raisins de table. Ce sont les premiers pépins trouvés dans le monde entier !! Ca veut dire qu'ils ont 3 000 ans de plus que tous les autres trouvés ailleurs ! Ils datent du 6ème millénaire avant notre ère. Les premiers après ceux là, on les a trouvés en Jordanie, et là-bas, les chercheurs pensent que c'est une forme intermédiaire entre cultivé et sauvage, et on les date du 3ème millénaire. Alors que ceux-là sont des pépins du 6ème millénaire, et ce sont de la vigne domestique !!
On trouve toujours le blé dans l'histoire, on trouve toujours la vigne, on peut dire que ce sont 2 cultures liées, comme on a toujours le pain de la vie, on a toujours la vigne et les pépins (!)."
Le tournage continue, puis on va boire un... café dans une autre pièce. On parle vin, comme toujours, chacun a ses histoires, ses connaissances, ses expériences. Nana parle de certains cépages très locaux, très anciens. Décidémment, le vin, toujours, touche les Géorgiens de tellement près !
voir "Distribution Dika Wheat in Georgia" N. Rusishvili, T. Jinjaikhadze, I. Maisaia Tbilisi 2010
(voir post Musée Secret)
On est là pour parler du vin des origines, mais Nana Rusishvili, ne l'entend pas de cette oreille, elle veut aussi parler du blé, qui est l'objet véritable de sa recherche :
le passage du blé sauvage au blé domestiqué, au néolithique.
Décidemment, cela peut bien se rapprocher de notre recherche sur la vigne des origines (voir (voir post A l'origine des origines)
Nous faisons l'interview :
Nana Rusishvili:
"Ce n'est pas prouvé, mais on peut penser que la vigne cultivée Vitis vinifera vient de la vigne sauvage Vitis sylvestris. Cela s'est passé sur le continent d'Eurasie où se trouve la vigne sauvage, dans les forêts. La Géorgie fait partie de cette région, et les preuves les plus tangibles qu'on ait depuis la période du néolithique dans les habitations, ce sont les fouilles de Arukhlo et Khamis Didi Gora qui appartiennent à la culture Shulaveri-Shomu Tepe. C'est grace aux pépins, d'après les études morphologiques, que l'on peut savoir si ils sont cultivés ou sauvages. Et justement on a prouvé que les pépins enterrés dans les habitations de la période néolithique appartiennent à la vigne cultivée, Vitis Vinifera.
Comment fait-on l'identification de ces pépins ? C'est par la forme et par les gênes. Et dans les fouilles, les pépins répondent à tous les critères de la vigne cultivée.
Ce n'est pas un hasard si la vigne est déjà cultivée, vu les outils que l'on a trouvé, qui nous montrent que l'agricultiure était déjà bien développée. Si la vigne était déjà domestiquée, c'est le résultat de ce développement avancé dans cette culture du néolithique.
Une des preuve de cette agriculture développée sur ce territoire, on la trouve sur les traces de blé sur une brique des maisons. (Elle nous montre une empreinte de végétal, on reconnait bien la forme du blé dans un fragment d'argile) Ca, c'est le blé "mou", ou blé tendre ! Et ce blé "mou" correspond à un stade d'évolution assez avancé ; on peut dire qu'au 6ème millénaire, le blé "mou" existait déjà. D'ailleurs, le blé avec lequel on se nourrit aujourd'hui, c'est ce blé "mou". En nettoyant les briques qui formaient les maisons dans les fouilles archéologiques, on a trouvé des traces de grains de ce blé.
Le blé sauvage est dur à travailler, c'est difficile d'extraire le grain de l'épi. Mais le blé sauvage arrive à se reproduire seul en tombant sur le sol quand il est mûr. Quand les gens ont commencé la domestication, ils ont fait la sélection instinctivement, ils ont choisi les espèces les plus faciles à travailler; et de plus en plus avec le temps, on a obtenu, non seulement du blé plus facile à travailler, mais on voit par exemple à Arakhlo apparaître le blé à 42 chromosomes (qui est la mutation génétique caractéristique du blé moderne, le blé tendre, alors que les formes plus primitives sont à 24 chromosomes), le blé "libre" avec les grains nus (donc plus faciles à extraire).
On dit que le Caucase, c'est la montagne des langues, mais on pourrait dire la même chose à propos du climat ; ici on trouve le climat de presque tout le monde entier. On a la mer, la montagne, le désert, le climat sub-tropical, et justement c'est cette diversité climatique a causé la diversification biologique. Par exemple pour le blé (ah ah, nous y revenons !) dans le monde entier on trouve 28 sortes de blé dont 21 sont originaires de Géorgie ! Dont 5 endémiques, qu'on ne peut pas trouver ailleurs ! Il y a 500 cépages de vigne en Géorgie et justement, cette diversification est causée par la diversité climatique qu'on trouve sur un aussi petit territoire.
Je peux parler aussi de la culture Koura-Araxe (du nom des 2 grands fleuves trans-caucasiens qui se jettent dans la Caspienne) qui suit la période néolithique. Les pépins de raisin que l'on a trouvé sont de plus en plus gros, ce sont des pépins des raisins de table.
(Puis elle cherche quelque chose, et elle nous montre des pépins dans une petite boîte) Ces pépins, trouvés à Kadashvili Gora, sont plus petits que ceux des raisins de table. Ce sont les premiers pépins trouvés dans le monde entier !! Ca veut dire qu'ils ont 3 000 ans de plus que tous les autres trouvés ailleurs ! Ils datent du 6ème millénaire avant notre ère. Les premiers après ceux là, on les a trouvés en Jordanie, et là-bas, les chercheurs pensent que c'est une forme intermédiaire entre cultivé et sauvage, et on les date du 3ème millénaire. Alors que ceux-là sont des pépins du 6ème millénaire, et ce sont de la vigne domestique !!
On trouve toujours le blé dans l'histoire, on trouve toujours la vigne, on peut dire que ce sont 2 cultures liées, comme on a toujours le pain de la vie, on a toujours la vigne et les pépins (!)."
Le tournage continue, puis on va boire un... café dans une autre pièce. On parle vin, comme toujours, chacun a ses histoires, ses connaissances, ses expériences. Nana parle de certains cépages très locaux, très anciens. Décidémment, le vin, toujours, touche les Géorgiens de tellement près !
voir "Distribution Dika Wheat in Georgia" N. Rusishvili, T. Jinjaikhadze, I. Maisaia Tbilisi 2010
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A l'origine de l'origine !
Une des questions que l'on se pose quand on parle des origines du vin, c'est celle de l'origine de la vigne cultivée, Vitis vinifera (la vigne que l'on va vinifier !)
C'est le nom de la sous-espèce, c'est une mutation de l'espèce sauvage Vitis sylvestris (la vigne qui pousse dans la forêt), l'aire de répartition étant l'Europe et l'Asie Centrale.
La question que se posent les ampélologues (quel nom !) est de trouver le lieu et le moment où la vigne sauvage (sylvestris) est devenue cultivée (vinifera). Et ils pensent que l'on découvrira en conséquence le lieu et l'époque où l'homme a découvert les secrets de la fabrication du vin.
Il y a des programmes de recherche en cours sur le sujet, avec une traque génétique passionnante de la vigne, entre les espèces sauvages asiatiques, européennes, et les cépages cultivés actuels. Pour l'instant, les résultats (José Vouillamoz1) plaident pour une mutation des souches anatoliennes et transcaucasiennes vers Vitis vinifera. Ce qui confirme donc toute cette région sud-caucasienne comme étant certainement le foyer primitif de l'invention du vin.
Mais évidemment ce que l'on peut imaginer aussi, c'est que tout n'est pas aussi tranché que ça, que l'homme a certainement consommé du raisin sauvage depuis extrêmement longtemps, probablement depuis qu'il a quitté l'Afrique et est arrivé en Eurasie ; pourquoi en serait-il autrement ?
L'homme, chasseur-cueilleur par nature, a toujours cherché dans son habitat les sources de nourritures possibles, et le raisin est un fruit évident, dégusté par les oiseaux ou les petits grimpeurs, car le problème est là : la vigne est une liane et grimpe aux arbres. Les raisins ne sont pas comme aujourd'hui au ras du sol, mais bien à 5 mètres accrochés aux branches.
Les hommes ont donc goûté, apprécié, dégusté même cette petite baie très tôt dans leur histoire, on va dire (mais ce n'est pas très scientifique !), depuis toujours ! Mais la question est donc : où, quand et comment ont-ils commencé à "adopter", à sélectionner, à cultiver cette liane sauvage ?
C'est bien sûr une fois encore tout le processus de domestication d'espèces naturelles qui fonde la "révolution néolithique" qui est ici au centre de l'interrogation.
http://www.penn.museum/sites/biomoleculararchaeology/wp-content/uploads/2009/11/Vouillamoz2006ArmeniaGeorgiaTurkeyGenotyping11.pdf
C'est le nom de la sous-espèce, c'est une mutation de l'espèce sauvage Vitis sylvestris (la vigne qui pousse dans la forêt), l'aire de répartition étant l'Europe et l'Asie Centrale.
La question que se posent les ampélologues (quel nom !) est de trouver le lieu et le moment où la vigne sauvage (sylvestris) est devenue cultivée (vinifera). Et ils pensent que l'on découvrira en conséquence le lieu et l'époque où l'homme a découvert les secrets de la fabrication du vin.
Il y a des programmes de recherche en cours sur le sujet, avec une traque génétique passionnante de la vigne, entre les espèces sauvages asiatiques, européennes, et les cépages cultivés actuels. Pour l'instant, les résultats (José Vouillamoz1) plaident pour une mutation des souches anatoliennes et transcaucasiennes vers Vitis vinifera. Ce qui confirme donc toute cette région sud-caucasienne comme étant certainement le foyer primitif de l'invention du vin.
Mais évidemment ce que l'on peut imaginer aussi, c'est que tout n'est pas aussi tranché que ça, que l'homme a certainement consommé du raisin sauvage depuis extrêmement longtemps, probablement depuis qu'il a quitté l'Afrique et est arrivé en Eurasie ; pourquoi en serait-il autrement ?L'homme, chasseur-cueilleur par nature, a toujours cherché dans son habitat les sources de nourritures possibles, et le raisin est un fruit évident, dégusté par les oiseaux ou les petits grimpeurs, car le problème est là : la vigne est une liane et grimpe aux arbres. Les raisins ne sont pas comme aujourd'hui au ras du sol, mais bien à 5 mètres accrochés aux branches.
Les hommes ont donc goûté, apprécié, dégusté même cette petite baie très tôt dans leur histoire, on va dire (mais ce n'est pas très scientifique !), depuis toujours ! Mais la question est donc : où, quand et comment ont-ils commencé à "adopter", à sélectionner, à cultiver cette liane sauvage ?
C'est bien sûr une fois encore tout le processus de domestication d'espèces naturelles qui fonde la "révolution néolithique" qui est ici au centre de l'interrogation.
http://www.penn.museum/sites/biomoleculararchaeology/wp-content/uploads/2009/11/Vouillamoz2006ArmeniaGeorgiaTurkeyGenotyping11.pdf
A la recherche d'un homme remarquable
La nuit est tombée sur Tbilissi. J'entends la ville qui bruisse, les klaxons me paraissent étouffés au loin.Dans la cour d'à côté, les jeunes font un feu dans la neige, avec des planches de récup. Ce sont plusieurs familles qui s'entassent dans quelques appartements, ils viennent des montagnes ou des campagnes. D'après Marina, qui leur porte des fois quelque chose à manger, ils n'ont rien, ou presque, pas de travail, pas d'argent, enfin rien de fixe, c'est au petit bonheur. Pourtant, il y a toujours dans la cour au moins deux Mercédes énormes et nickel !
Je voudrais bien savoir où Gurdjeff avait installé son "Institut", dans quelle rue, dans quelle maison. A l'époque, on appellait la ville Tiflis, nom magique aux résonnances de la Route de la Soie, de la Porte de l'Orient, entre la sauvagerie du Caucase et l'âpreté des déserts d'Iran. L'époque, c'est 1916. C'est l'explosion de barbarie dans l'Europe qui se voulait Mère de la Civilisation, on s'entretue, on se massacre, on s'extermine. Le reste du monde regarde effaré ce déchaînement, ce paroxysme de folie sanguinaire, avant de glisser peu à peu dans le gouffre, comme attiré aussi par ce vide absolu de la conscience humaine. En Russie, la Révolution éclate, les vies ne valent plus grand chose ici non plus, chaque camp produit ses exaltés, ces fous qui entrainent le troupeau dans la vengeance et le rêve de domination, on tue, toujours, on viole, on humilie.
C'est dans cette débâcle de l'humanité que Gurdjeff navigue avec ses élèves pour bâtir son institut, poursuivre son travail. C'est d'ailleurs ce qui lui donne certainement beaucoup de relief, on le voit parcourir le pays, de Saint-Pétersbourg à Tiflis en passant par Sebastopol, occupé à trouver un endroit épargné par la folie, la peur, les dénonciations, les réglements de compte, pour installer une bulle de paix, d'harmonie, de vision et de conscience. Il y a un tel décalage entre les oscillations, les vibrations violentes, guerrières de toute la Russie, tous les trains, les routes, les gens à pied, à cheval qui parcouraient le pays en tous sens, et qui croisaient Gurdjeff et sa petite troupe, s'agitant aussi mais avec juste l'obstination de trouver une retraite ! Comme un monastère !
Riva del Vin, Riva della Fortuna
Le Vin, Fortune des mers. Fortune de Venise le poisson borgne tapi dans la lagune.
Quelques cabanes grelottantes et pourries investissent les îlots brumeux, serrées sur le point haut (?) pour échapper aux vagues des hautes marées. Quelle idée de se fixer ici. On ne fait rien pousser, ni blé, ni vigne,ni arbres fruitiers. Seul avenir : pêcher les quelques poissons vaseux du delta, ou partir, partir chercher ailleurs ce qui n'existe pas ici. Et ce sera la fortune de Venise.
Le vin, les Vénitiens sont allés le chercher sur les rivages de la Grèce, dans les îles de la mer Egée, à Chypre.
Riva del Vin, Riva della Fortuna.
Le commerce ! C'est fascinant de voir que le vin a généré dans l'Histoire parmi les commerces les plus importants ! Ce qui agitait les hommes, les poussait à braver les mers ou les fleuves peu sûrs, les lançait des mois hors de chez eux, de leurs cités, de la sécurité, pour la plus grande part c'était pour le commerce du Vin !!
Dans l'Antiquité, les Grecs bien sûr qui envahissent la Méditerranée avec leurs bateaux chargés d'amphores, puis les Romains. Mais avant, en Mésopotamie déjà, les vins que l'on retrouve aux tables riches de Ur, Summer ou Babylone viennent des monts Zagros de Perse ou des plateaux anatoliens. De même en Egypte, les vins retrouvés dans les tombes ne semblent pas provenir de la vallée du Nil mais plutôt de Chypre ou de Phénicie.
Au Moyen-Age de même, les flux commerciaux parmi les plus importants sont générés par le vin. Particulièrement du territoire de ce qui deviendra la France, vers les marchés de cette Europe du Nord qui commence à s'enrichir. Charentes, Bordelais, Loire, pour la facade atlantique, Vallée du Rhin, Bourgogne pour les voies terrestres.
Ce qui surprend toujours, c'est que ce soit le vin qui soit à l'origine de toute cette agitation !
Il s'agit d'un objet non vital, inutile presque, compliqué à produire, à conserver, à transporter ! Qu'est-ce qui pousse les gens à dépenser autant d'énergie, de santé, d'argent, pour aller chercher ou vendre ce breuvage particulier !! Quelle qualité majeure est cachée dans son coeur qui séduit autant les hommes ?
Quelques cabanes grelottantes et pourries investissent les îlots brumeux, serrées sur le point haut (?) pour échapper aux vagues des hautes marées. Quelle idée de se fixer ici. On ne fait rien pousser, ni blé, ni vigne,ni arbres fruitiers. Seul avenir : pêcher les quelques poissons vaseux du delta, ou partir, partir chercher ailleurs ce qui n'existe pas ici. Et ce sera la fortune de Venise.
Le vin, les Vénitiens sont allés le chercher sur les rivages de la Grèce, dans les îles de la mer Egée, à Chypre.
Riva del Vin, Riva della Fortuna.
Le commerce ! C'est fascinant de voir que le vin a généré dans l'Histoire parmi les commerces les plus importants ! Ce qui agitait les hommes, les poussait à braver les mers ou les fleuves peu sûrs, les lançait des mois hors de chez eux, de leurs cités, de la sécurité, pour la plus grande part c'était pour le commerce du Vin !!
Dans l'Antiquité, les Grecs bien sûr qui envahissent la Méditerranée avec leurs bateaux chargés d'amphores, puis les Romains. Mais avant, en Mésopotamie déjà, les vins que l'on retrouve aux tables riches de Ur, Summer ou Babylone viennent des monts Zagros de Perse ou des plateaux anatoliens. De même en Egypte, les vins retrouvés dans les tombes ne semblent pas provenir de la vallée du Nil mais plutôt de Chypre ou de Phénicie.
Au Moyen-Age de même, les flux commerciaux parmi les plus importants sont générés par le vin. Particulièrement du territoire de ce qui deviendra la France, vers les marchés de cette Europe du Nord qui commence à s'enrichir. Charentes, Bordelais, Loire, pour la facade atlantique, Vallée du Rhin, Bourgogne pour les voies terrestres.
Ce qui surprend toujours, c'est que ce soit le vin qui soit à l'origine de toute cette agitation !
Il s'agit d'un objet non vital, inutile presque, compliqué à produire, à conserver, à transporter ! Qu'est-ce qui pousse les gens à dépenser autant d'énergie, de santé, d'argent, pour aller chercher ou vendre ce breuvage particulier !! Quelle qualité majeure est cachée dans son coeur qui séduit autant les hommes ?
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Madagascar, le vin et les ancêtres.
Quel étrange destin que la vigne !
Vitis vinifera parcourt le monde avec ses maîtres, au gré des conquêtes ou des marchés !
OU peut-être est-ce elle, le maître, et nous ses esclaves qui la servons, l'entretenons, la multiplions. Quelle meilleure stratégie une plante pourrait-elle trouver que de devenir indispensable à l'espèce humaine ?
OU peut-être est-ce elle, le maître, et nous ses esclaves qui la servons, l'entretenons, la multiplions. Quelle meilleure stratégie une plante pourrait-elle trouver que de devenir indispensable à l'espèce humaine ?
L'Afrique l'accueillera (en dehors bien sûr de l'Afrique du Nord, qui, toute à son versant méditerranéen, a connu les faveurs de la liane depuis les origines) avec les voyageurs et les colons portugais, espagnols, français, anglais et hollandais. Il y aura l'Afrique du Sud qui entrera dans le club select des grands crus, mais il y a aussi d'autres régions plus exotiques, comme Madagascar !
L'ancienne colonie française fait du vin, encore aujourd'hui, et pas le plus horrible, malgré sa position tropicale ! Les Hautes Terres du Betsileo, dans la région d'Ambalavao, accueillent quelques domaines qui tentent de s'imposer dans le paysage malgache.
Mais on n'implante pas si facilement une boisson nouvelle dans un pays africain, où le culte des ancêtres est ritualisé en partie autour de l'alcool, le rhum que chacun fait soi-même à partir de la petite plantation de canne qui pousse derrière les maisons.
Musée secret...
Découvrir les trésors entreposés dans les salles réservées du Musée National à Tbilissi, c'est le début d'un voyage dans le temps qui nous amène aux fouilles d'Arakhlo, sur les traces du premier vin de l'humanité !
trouble (Tbilissi)
sur le trottoir, de l'autre côté, la chaussée nous sépare, je rentre à ma chambre, l'après-midi se traîne, la journée a été normalement active. Une fille, 12 ou 14 ans.
Assise, un peu recroquevillée. Seule.
La rue est passante, c'est cette même rue aux boutiques où les gens passent avant de rentrer chez eux le soir.
Elle est là, assise à même le macadam un peu sale du trottoir. Il fait beau, pas froid, sec.
Elle est habillée très propre il me semble, avec de grandes bottes qui montent presque jusqu'aux genoux, ça fait assez mode.
Elle est lycéenne, disons collégienne, elle est assez jolie, mais elle s'en fout, elle ne sourit pas, elle est seule et elle mendie. Elle ne tend même pas la main, mais elle attend par terre un peu d'argent des passants. On est pas loin de l'église russe, les gens sont charitables, aussi.
Elle est là, assise à même le macadam un peu sale du trottoir. Il fait beau, pas froid, sec.
Elle est habillée très propre il me semble, avec de grandes bottes qui montent presque jusqu'aux genoux, ça fait assez mode.Elle est lycéenne, disons collégienne, elle est assez jolie, mais elle s'en fout, elle ne sourit pas, elle est seule et elle mendie. Elle ne tend même pas la main, mais elle attend par terre un peu d'argent des passants. On est pas loin de l'église russe, les gens sont charitables, aussi.
Note filmique # 2
Bourgogne /
concepts à explorer
l'homme mystique, à la recherche d'une perfection, d'une pureté, d'un idéal, mais qui doit aussi composer avec un monde complexe, corrompu, imparfait, fait du bien et du mal.
L'homme objet des forces contraires : pureté, esprit, ou homme terrestre, charnel, plaisir, envie, désir, pouvoir, argent.
Vision des moines de l'An Mil.
élan de foi, de mysticisme qui saisit l'Europe. Retour à des valeurs pures, fortes, originelles. Pauvreté. Courage.
Opposition et affirmation face aux puissants, de la force de l'âme sur celle du pouvoir.
Organisation, communauté : l'abbaye est tendue vers la rigueur et l'efficacité, spirituelle, mais aussi matérielle : l'entreprise est née !
Bâtisseurs, architectes du paysage de Bourgogne, la foi modèle les paysages : “climats”, églises, calvaires, etc.
La vigne et le vin sont une sorte de milieu, de mélange, entre la mystique (sang de Dieu), l'économique (boisson fortifiante, boisson d'hôte, de messe) et le profondément humain (joie, plaisir)
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Bourgogne,
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Côte-de-Nuits,
docu,
écriture film,
film,
moines,
Moyen-Age,
mystique
Tbilissi objet rêvé
J'aime Tbilissi ! Si, je l'avoue. De mille aiguilles fugaces qui me piquent la raison.
C'est la magie d'un voyage inattendu, imprévu, qui est arrivé tout seul par un scénario. La quête de l'histoire du vin ouvre une porte secrète, cachée depuis toujours dans un coin du monde, mais on ne la voyait pas, on n'en avait pas besoin, pas envie, pas connu, personne ne parle de Tbilissi.
Alors quand le voyage vous emporte vers ce nom magique, le mystère de l'évocation agit en vous aussitôt, sans pouvoir se défendre, un tourbillon fait d'espace, de mystique, d'encens et de cavaliers vengeurs qui déferle et remonte les rues pavées en faisant claquer les sabots dans la ville endormie.
Alors il faudra parler de cette rue de Marjanishvili, éclairée le soir par les boutiques qui se pressent, en demi-sous-sol ; ce sont des épiceries générales, la marchande de fromages, une vitrine de gâteaux roses énormes, en plâtre je suppose - ils sont là depuis 3 ans ! Il y a l'odeur chaude du pain traditionnel qui remonte d'un soupirail, le vendeur de fruits et de légumes et sa lampe nue, les bornes automatiques de mobiles, les cahutes de cigarettes.
Il faudra parler de la tour de télé qui jette son délire de guirlandes speedées vers le ciel orangé chargé de neige.Il faudra parler de la tombe de ce prêtre orthodoxe (russe) qui amène tout le temps, à toute heure du jour et de la nuit, des gens, des femmes, des jeunes, des vieilles, des hommes, des jeunes, des vieux, tout le temps des gens viennent prier, mettre des bougies, s'asseoir, parler.
Il faudra parler cinéma, de la lecture de la vie de Paradjanov, à ces tournages en pleine rue ou même sous mon nez, sur le balcon de ma chambre !Il faudra parler de Gurdjeff, qui vécut vers 1916/17, qui fonda un temps son école philosophique. C'est quand même fascinant de lire Gurdjeff le soir dans cette ville que l'on entend bruire encore, un appel dans la rue, le ronflement d'une Mercedes, le vol d'Air France qui arrive à 23 heures en survolant le nid lumineux d'une ville du Caucase.

Ma nuit au néolithique # 2
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shulaveri
Voyage en Grèce
L'Histoire du vin aborde forcément les rivages de la Grèce ! Comment pourrait-il en être autrement !?
Qui pourrait oublier la terre où s'enfonce une de nos racines ? Une racine sèche, ancienne, tordue, noueuse, qui lutte pour se frayer son chemin au milieu de tant de caillasse, d'aridité, de désespoir.
Mais peut-être ne veut-on en garder que l'image pure, parfaite, idéale de l'époque hellénistique, de ces statues fascinantes, de ces corps divins, de cette perfection supposée de la cité, de l'esprit, de l'arrangement des hommes avec leurs dieux et leurs démons...
Mais est-on prêts à ouvrir nos sens, nos sensibilités, nos sensations, à l'âme orientale de la Grèce ?? Ne voit-on pas cette inclination douce et permanente de la Grèce vers le continent asiatique, vers cette dolence et ce fatalisme joyeux qui libère les hommes de la contingence et du droit à exiger des autres. On partage cette terre, on y vit, on y souffre, on y garde la trace des anciens... et on a toujours la mer devant soi qui offre un calmant à la terreur qui peut prendre quand on ne sait plus pourquoi on s'est coupé des secrets de l'immortalité.
Qui pourrait oublier la terre où s'enfonce une de nos racines ? Une racine sèche, ancienne, tordue, noueuse, qui lutte pour se frayer son chemin au milieu de tant de caillasse, d'aridité, de désespoir.
Mais peut-être ne veut-on en garder que l'image pure, parfaite, idéale de l'époque hellénistique, de ces statues fascinantes, de ces corps divins, de cette perfection supposée de la cité, de l'esprit, de l'arrangement des hommes avec leurs dieux et leurs démons...
Mais est-on prêts à ouvrir nos sens, nos sensibilités, nos sensations, à l'âme orientale de la Grèce ?? Ne voit-on pas cette inclination douce et permanente de la Grèce vers le continent asiatique, vers cette dolence et ce fatalisme joyeux qui libère les hommes de la contingence et du droit à exiger des autres. On partage cette terre, on y vit, on y souffre, on y garde la trace des anciens... et on a toujours la mer devant soi qui offre un calmant à la terreur qui peut prendre quand on ne sait plus pourquoi on s'est coupé des secrets de l'immortalité.
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