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Repérage sur le Rhône

Repérage pour une séquence fiction : les vins produits par la colonie grecque de Massilia remontent le Rhône  pour toucher leurs clients gaulois.
Le but est donc de trouver une section du fleuve, assez encaissée (pour avoir la sensation des coteaux où habitent les tribus gauloises qui guettent la remontée des barques), sauvage (pas d'aménagement, juste les arbres, les broussailles), accessible, assez large pour donner une véritable sensation de fleuve, sans trop d'éléments anachroniques (pylônes, fils électriques, routes, voies ferrées, maisons etc.

Le problème pour un tournage historique du Rhône, c'est son aménagement moderne, dans les années 70, pour le canaliser et le rendre sûr à la navigation (justement !). Mais ce ne sont plus les barcasses d'il y a 2 000 ans, mais les chalands gigantesques (100 mètres de long ?) qui font Fos/Lyon en 1 jour.
Donc ce sont 200 km de voie canalisée, aux berges bien dégagées, nettoyées, engazonnées, bien loin des rives arborées et irrégulières qui sévissaient à l'origine. Le meilleur exemple de fleuve sauvage reste évidemment la Loire. Mais le problème, c'est l'absence des coteaux très escarpés qui dominent d'une manière caractéristique le Rhône.
Heureusement l'aménagement s'est fait pour partie en laissant des zones vierges qui suivent l'ancien lit du Rhône, le canal navigable étant de l'autre côté de la vallée alluviale, quand elle est assez large pour le permettre. Donc la recherche doit se porter dans ces zones gardées plus ou moins intactes.


Quand le vin arrive en Gaule


"Aimant jusqu'à l'excès le vin que les marchands leur apportent sans mélange, ils en boivent si avidement que, devenus ivres, ils tombent dans un profond sommeil ou dans des transports furieux. Aussi beaucoup de marchands italiens, poussés par leur cupidité habituelle, ne manquent-ils pas de tirer profit de l'amour des Gaulois pour le vin. Ils leur en apportent soit dans des bateaux sur les rivières navigables, soit sur des chars qu'ils conduisent à travers le pays plat; en échange d'un tonneau de vin, ils reçoivent un jeune esclave, troquant ainsi leur boisson contre un échanson"
Diodore de Sicile (V,26) Bibliothèque Historique, Ier siècle av. JC.

Rayures



Venise, ville bâtie dans l'eau, sur l'eau, sous l'eau... et pourtant c'est le vin qui a permis ces palais, ces reflets.

Riva del Vin, Riva della Fortuna

Le Vin, Fortune des mers. Fortune de Venise le poisson borgne tapi dans la lagune.
Quelques cabanes grelottantes et pourries investissent les îlots brumeux, serrées sur le point haut (?) pour échapper aux vagues des hautes marées. Quelle idée de se fixer ici. On ne fait rien pousser, ni blé, ni vigne,ni arbres fruitiers. Seul avenir : pêcher les quelques poissons vaseux du delta, ou partir, partir chercher ailleurs ce qui n'existe pas ici. Et ce sera la fortune de Venise.
Le vin, les Vénitiens sont allés le chercher sur les rivages de la Grèce, dans les îles de la mer Egée, à Chypre.
Riva del Vin, Riva della Fortuna.



Le commerce ! C'est fascinant de voir que le vin a généré dans l'Histoire parmi les commerces les plus importants ! Ce qui agitait les hommes, les poussait à braver les mers ou les fleuves peu sûrs, les lançait des mois hors de chez eux, de leurs cités, de la sécurité, pour la plus grande part c'était pour le commerce du Vin !!
Dans l'Antiquité, les Grecs bien sûr qui envahissent la Méditerranée avec leurs bateaux chargés d'amphores, puis les Romains. Mais avant, en Mésopotamie déjà, les vins que l'on retrouve aux tables riches de Ur, Summer ou Babylone viennent des monts Zagros de Perse ou des plateaux anatoliens. De même en Egypte, les vins retrouvés dans les tombes ne semblent pas provenir de la vallée du Nil mais plutôt de Chypre ou de Phénicie.
Au Moyen-Age de même, les flux commerciaux parmi les plus importants sont générés par le vin. Particulièrement du territoire de ce qui deviendra la France, vers les marchés de cette Europe du Nord qui commence à s'enrichir. Charentes, Bordelais, Loire, pour la facade atlantique, Vallée du Rhin, Bourgogne pour les voies terrestres.

Ce qui surprend toujours, c'est que ce soit le vin qui soit à l'origine de toute cette agitation !
Il s'agit d'un objet non vital, inutile presque, compliqué à produire, à conserver, à transporter ! Qu'est-ce qui pousse les gens à dépenser autant d'énergie, de santé, d'argent, pour aller chercher ou vendre ce breuvage particulier !! Quelle qualité majeure est cachée dans son coeur qui séduit autant les hommes ?