Le vin sous la neige
Géorgie, Imereti
Février ; la neige est tombée toute la journée, intense, lourde, bientôt 20 cm ajoutés à ceux de l'hiver. Andro veut remplir les cruches et les bouteilles en plastique du vin de sa production. C'est dans le jardin que ça se passe ; les kvevri, les jarres sont enterrées là, celles que l'on avait rempli de jus du raisin vendangé cet automne, foulé dans le vieux "marani".
Sous la neige, protégé du froid dans le sol, sous de vieilles bâches et un bouchon de glaise, le vin a fermenté, il attend, calmé, qu'on le cueille dans le pot au bout du bâton.
Ce soir on va chanter, on va déclamer, raconter des histoires autour de la table géorgienne, couverte de plats divers, et on va boire pendant quelques heures...
C'est aujourd'hui, mais c'est aussi hier, depuis la nuit des temps que l'on met le vin à fermenter dans des poteries enterrées. Les Grecs, les Romains le faisaient dans les dolia. Et certainement dès le néolithique, dès que la poterie a été inventée, on a voulu protéger le vin des ardeurs du soleil et de la chaleur dans ces régions semi-désertiques, on a certainement dû enterrer les jarres très tôt ! Bien sûr les techniques ont évolué, mais ici, en Géorgie, on a soudain la sensation d'être en relation directe avec toutes les époques, de relier l'Histoire à nous, de vivre en connection avec des générations d'hommes et de femmes qui ont cultivé leur vigne, siècle après siècle, alors que le tumulte du monde déferlait autour de leurs terres.
du vin sous la neige from danderen on Vimeo.
Février ; la neige est tombée toute la journée, intense, lourde, bientôt 20 cm ajoutés à ceux de l'hiver. Andro veut remplir les cruches et les bouteilles en plastique du vin de sa production. C'est dans le jardin que ça se passe ; les kvevri, les jarres sont enterrées là, celles que l'on avait rempli de jus du raisin vendangé cet automne, foulé dans le vieux "marani".
Sous la neige, protégé du froid dans le sol, sous de vieilles bâches et un bouchon de glaise, le vin a fermenté, il attend, calmé, qu'on le cueille dans le pot au bout du bâton.
Ce soir on va chanter, on va déclamer, raconter des histoires autour de la table géorgienne, couverte de plats divers, et on va boire pendant quelques heures...
C'est aujourd'hui, mais c'est aussi hier, depuis la nuit des temps que l'on met le vin à fermenter dans des poteries enterrées. Les Grecs, les Romains le faisaient dans les dolia. Et certainement dès le néolithique, dès que la poterie a été inventée, on a voulu protéger le vin des ardeurs du soleil et de la chaleur dans ces régions semi-désertiques, on a certainement dû enterrer les jarres très tôt ! Bien sûr les techniques ont évolué, mais ici, en Géorgie, on a soudain la sensation d'être en relation directe avec toutes les époques, de relier l'Histoire à nous, de vivre en connection avec des générations d'hommes et de femmes qui ont cultivé leur vigne, siècle après siècle, alors que le tumulte du monde déferlait autour de leurs terres.
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Telavi Market/Telavi Bazar !
Carte Postale du marché de Telavi, capitale de la Kakhétie en Géorgie. Région principale pour la production du vin, mais pas que..
telavi market from danderen on Vimeo.
Accompagné avec compétence, gentillesse et un français parfait par Khatuna http://www.georgian-caucasus-tours.comGuerre, ou Paix, (et Vin ?)
décidément, cette recherche sur les Gaulois et le Vin amène encore à cette réflexion :
Dans notre imaginaire, est-ce qu'on associe plutôt le vin à l'amour ou à la guerre ?
Et dans les faits, dans la réalité historique ?
Alors, spontanément, si on pense Vin et Histoire, on pense à quoi ?
Des banquets, des tavernes mal-famées, des fêtes villageoises. C'est le vin gai, populaire, paysan. Ca nous fait penser à Brueghel, avec ses tablées réjouies, mais il y a toujours une sorte de menace. Ca fait penser aux films d'époque, en costumes, dans une cour de ferme ou de chateau, avec de la paille par terre pour masquer le macadam. Ca sent la reconstitution, les figurants, les costumes, ça s'agite, il y a les figures imposées, les gros buveurs grandes gueules qui interpellent "hé, aubergiste !", les serveuses qui circulent au milieu des hommes et des mains aventureuses. Bref, c'est paillard, gueulard, sympatique, vraiment très cliché !
Il y a aussi la figure de l'homme rustre, brute, fort, qui lève la cruche entière à sa bouche, le vin ruisselle dans sa barbe et sur les vêtements, il est filmé en contre-plongée, c'est le héros, le guerrier, le chef, et le vin pur qu'il boit à la source scelle sa puissance.
On pense aussi aux soldats, aux armées, qui s’enivrent avant, ou après la bataille, qui exorcisent la peur et la malédiction du sang versé par l'alcool et l'ivresse.
C'est l'image des Gaulois vus par les Romains, ces hordes barbares qui s’enivrent de vin pur et qui surgissent soudain en hurlant, possédés, des forêts sombres, profondes, brumeuses, de cette Europe du Nord inconnue pour déferler vers le sud, vers la civilisation en emportant tout !
On aime (en France) à se représenter ainsi, Barbare aimant le vin, libre et rebelle, ivre et paillard, un vrai homme qui aime la guerre et l'amour ! Tiens, voila qu'on arrive à réunir les deux termes dans un seul : guerre et amour ??? Quelle étrange antinomie !
Et dans les faits, d'après les travaux des historiens, qu'est-ce qu'on découvre ??
D'abord, le vin n'est pas du tout la boisson des Gaulois, qui préfèrent la bière ou l'hydromel. Ensuite, si cette boisson est bien adoptée, c'est uniquement par quelques nobles, aristocrates, qui y voient au contraire un signe de raffinement, d'élitisme, et une sorte de déférence vis-à-vis de cette culture exotique hellène. Le fait de boire du vin est un acte social de pouvoir, et non pas un engouement qui aurait saisi l'ensemble de la société.
On touche là la contradiction permanente dans le vin, ce qui en fait bien sûr son charme et son attrait principal, cette dichotomie entre bien et mal, entre bénéfique et mauvais, entre joie, fête, plaisir, et violence, abus physique et moral, dépression.
Est-ce que le Vin provoque la Guerre, ou est-ce qu'il amène la Paix ? Est-il cause de malheurs, de ruine, de déchéance, exacerbe-t-il cet Univers du Chaos ou au contraire, permet-il l'échange, le contact, la tolérance par la compréhension améliorée de l'Autre, par l'écoute, l'empathie !!
sources
Calendrier Hotsquat - http://www.boumbang.com/calendrier-hotsquat/
Dionysus par briellesg http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=z98m4w5IU_U
Dans notre imaginaire, est-ce qu'on associe plutôt le vin à l'amour ou à la guerre ?
Et dans les faits, dans la réalité historique ?
Alors, spontanément, si on pense Vin et Histoire, on pense à quoi ?
Des banquets, des tavernes mal-famées, des fêtes villageoises. C'est le vin gai, populaire, paysan. Ca nous fait penser à Brueghel, avec ses tablées réjouies, mais il y a toujours une sorte de menace. Ca fait penser aux films d'époque, en costumes, dans une cour de ferme ou de chateau, avec de la paille par terre pour masquer le macadam. Ca sent la reconstitution, les figurants, les costumes, ça s'agite, il y a les figures imposées, les gros buveurs grandes gueules qui interpellent "hé, aubergiste !", les serveuses qui circulent au milieu des hommes et des mains aventureuses. Bref, c'est paillard, gueulard, sympatique, vraiment très cliché !
Il y a aussi la figure de l'homme rustre, brute, fort, qui lève la cruche entière à sa bouche, le vin ruisselle dans sa barbe et sur les vêtements, il est filmé en contre-plongée, c'est le héros, le guerrier, le chef, et le vin pur qu'il boit à la source scelle sa puissance.
On pense aussi aux soldats, aux armées, qui s’enivrent avant, ou après la bataille, qui exorcisent la peur et la malédiction du sang versé par l'alcool et l'ivresse.
C'est l'image des Gaulois vus par les Romains, ces hordes barbares qui s’enivrent de vin pur et qui surgissent soudain en hurlant, possédés, des forêts sombres, profondes, brumeuses, de cette Europe du Nord inconnue pour déferler vers le sud, vers la civilisation en emportant tout !
On aime (en France) à se représenter ainsi, Barbare aimant le vin, libre et rebelle, ivre et paillard, un vrai homme qui aime la guerre et l'amour ! Tiens, voila qu'on arrive à réunir les deux termes dans un seul : guerre et amour ??? Quelle étrange antinomie !
Et dans les faits, d'après les travaux des historiens, qu'est-ce qu'on découvre ??
D'abord, le vin n'est pas du tout la boisson des Gaulois, qui préfèrent la bière ou l'hydromel. Ensuite, si cette boisson est bien adoptée, c'est uniquement par quelques nobles, aristocrates, qui y voient au contraire un signe de raffinement, d'élitisme, et une sorte de déférence vis-à-vis de cette culture exotique hellène. Le fait de boire du vin est un acte social de pouvoir, et non pas un engouement qui aurait saisi l'ensemble de la société.
On touche là la contradiction permanente dans le vin, ce qui en fait bien sûr son charme et son attrait principal, cette dichotomie entre bien et mal, entre bénéfique et mauvais, entre joie, fête, plaisir, et violence, abus physique et moral, dépression.
Est-ce que le Vin provoque la Guerre, ou est-ce qu'il amène la Paix ? Est-il cause de malheurs, de ruine, de déchéance, exacerbe-t-il cet Univers du Chaos ou au contraire, permet-il l'échange, le contact, la tolérance par la compréhension améliorée de l'Autre, par l'écoute, l'empathie !!
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Dionysus par briellesg http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=z98m4w5IU_U
Vol de cigognes
En voyage à Arles pour voir le musée gallo-romain, et écouter une conférence sur la femme antique (conférence bien féministe, mais avec humour, de Pierrette Nouet),
un petit détour par la Camargue et soudain, dans le ciel, des piaillements qui emplissent l'air...
Le printemps approche :) (filmé le 8/03, depuis on a eu une méchante vague de froid :(
un petit détour par la Camargue et soudain, dans le ciel, des piaillements qui emplissent l'air...
Le printemps approche :) (filmé le 8/03, depuis on a eu une méchante vague de froid :(
Note filmique # 3
Il peut y avoir deux façons d'aborder un documentaire historique.
Soit faire une facture classique, on se cale sur une époque, un territoire, un enjeu, et on dévide l'enchaînement chronologique des faits, des causes et des conséquences, on va sur le terrain, de fouilles en fouilles, de musée en labo, on rencontre les gens concernés, les spécialistes et on se fait sa petite idée; on peut bien sûr avec un peu d'argent en plus aller reconstituer des scènes historiques pour avoir un peu d'émotion...
Soit autre chose, une approche différente, plus personnelle. Faire un film comme une aventure,partir à la recherche d'un objet indéfini, disparu mais quand même présent, dont on a entendu parler, mais que personne n'a jamais vu...
Est-ce la quête d'une émotion subtile qui nous vient quand on s'enfonce dans le dédale d'une ruine antique ?
Est-ce la magie d'un mot évocateur qui nous entraîne dans la rêverie... druide... Caucase... cépages... moine blanc... Dionysos & bacchanales...
Cela veut dire emprunter les chemins du merveilleux, de l'imaginaire qui va faire surgir les images, qui vont s'associer avec des idées, qui feront elles-mêmes surgir des visions...
Et ça n'empêche pas que ces chemins très intimes, très personnels, puissent déboucher sur des gens compétents, dignes de foi, pas du tout des illuminés, mais bien des scientifiques sérieux qui savent beaucoup de choses et nous projettent vers de nouvelles images, de nouvelles idées, de nouvelles visions.
Soit faire une facture classique, on se cale sur une époque, un territoire, un enjeu, et on dévide l'enchaînement chronologique des faits, des causes et des conséquences, on va sur le terrain, de fouilles en fouilles, de musée en labo, on rencontre les gens concernés, les spécialistes et on se fait sa petite idée; on peut bien sûr avec un peu d'argent en plus aller reconstituer des scènes historiques pour avoir un peu d'émotion...
Soit autre chose, une approche différente, plus personnelle. Faire un film comme une aventure,partir à la recherche d'un objet indéfini, disparu mais quand même présent, dont on a entendu parler, mais que personne n'a jamais vu...Est-ce la quête d'une émotion subtile qui nous vient quand on s'enfonce dans le dédale d'une ruine antique ?
Est-ce la magie d'un mot évocateur qui nous entraîne dans la rêverie... druide... Caucase... cépages... moine blanc... Dionysos & bacchanales...
Cela veut dire emprunter les chemins du merveilleux, de l'imaginaire qui va faire surgir les images, qui vont s'associer avec des idées, qui feront elles-mêmes surgir des visions...
Et ça n'empêche pas que ces chemins très intimes, très personnels, puissent déboucher sur des gens compétents, dignes de foi, pas du tout des illuminés, mais bien des scientifiques sérieux qui savent beaucoup de choses et nous projettent vers de nouvelles images, de nouvelles idées, de nouvelles visions.
Repérage sur le Rhône
Repérage pour une séquence fiction : les vins produits par la colonie grecque de Massilia remontent le Rhône pour toucher leurs clients gaulois.
Le but est donc de trouver une section du fleuve, assez encaissée (pour avoir la sensation des coteaux où habitent les tribus gauloises qui guettent la remontée des barques), sauvage (pas d'aménagement, juste les arbres, les broussailles), accessible, assez large pour donner une véritable sensation de fleuve, sans trop d'éléments anachroniques (pylônes, fils électriques, routes, voies ferrées, maisons etc.
Le problème pour un tournage historique du Rhône, c'est son aménagement moderne, dans les années 70, pour le canaliser et le rendre sûr à la navigation (justement !). Mais ce ne sont plus les barcasses d'il y a 2 000 ans, mais les chalands gigantesques (100 mètres de long ?) qui font Fos/Lyon en 1 jour.
Donc ce sont 200 km de voie canalisée, aux berges bien dégagées, nettoyées, engazonnées, bien loin des rives arborées et irrégulières qui sévissaient à l'origine. Le meilleur exemple de fleuve sauvage reste évidemment la Loire. Mais le problème, c'est l'absence des coteaux très escarpés qui dominent d'une manière caractéristique le Rhône.
Heureusement l'aménagement s'est fait pour partie en laissant des zones vierges qui suivent l'ancien lit du Rhône, le canal navigable étant de l'autre côté de la vallée alluviale, quand elle est assez large pour le permettre. Donc la recherche doit se porter dans ces zones gardées plus ou moins intactes.
Le but est donc de trouver une section du fleuve, assez encaissée (pour avoir la sensation des coteaux où habitent les tribus gauloises qui guettent la remontée des barques), sauvage (pas d'aménagement, juste les arbres, les broussailles), accessible, assez large pour donner une véritable sensation de fleuve, sans trop d'éléments anachroniques (pylônes, fils électriques, routes, voies ferrées, maisons etc.
Le problème pour un tournage historique du Rhône, c'est son aménagement moderne, dans les années 70, pour le canaliser et le rendre sûr à la navigation (justement !). Mais ce ne sont plus les barcasses d'il y a 2 000 ans, mais les chalands gigantesques (100 mètres de long ?) qui font Fos/Lyon en 1 jour.
Donc ce sont 200 km de voie canalisée, aux berges bien dégagées, nettoyées, engazonnées, bien loin des rives arborées et irrégulières qui sévissaient à l'origine. Le meilleur exemple de fleuve sauvage reste évidemment la Loire. Mais le problème, c'est l'absence des coteaux très escarpés qui dominent d'une manière caractéristique le Rhône.
Heureusement l'aménagement s'est fait pour partie en laissant des zones vierges qui suivent l'ancien lit du Rhône, le canal navigable étant de l'autre côté de la vallée alluviale, quand elle est assez large pour le permettre. Donc la recherche doit se porter dans ces zones gardées plus ou moins intactes.
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Guerre et Paix
( bon, le titre de ce post n'est pas très original... certes ! )
mais c'est une réflexion qui me trotte dans la tête depuis un moment déjà.
D'une manière ou d'une autre, ce sont les guerres qui laissent des traces, qui laissent des bagages aux archéologues ou aux historiens. Ce sont les guerres, qui, bien qu'elles détruisent, qu'elles laissent des ruines, en plus de tuer des hommes, les guerres laissent leur marques dans l'imaginaire collectif, elles se perpétuent longtemps après dans les histoires, les mythes, les légendes.
Le traumatisme violent que subit un peuple, une population au passage des armées, des pillages, des violences physiques et culturelles, doit s'exorciser par la mise en scène de héros, de protections divines, de chefs et de faits d'armes ou de bravoure collectifs ou individuels.
Et cela s'inscrit fortement dans la trace, l'empreinte que pourra laisser un peuple dans le cours du temps et de l'espace, dans l'histoire.
Notre culture, notre éducation, notre pensée historique incline fortement vers cette vision, nous ne faisons pas beaucoup d'efforts pour essayer d'imaginer autre chose que ces récits guerriers, pour voir l'histoire des hommes comme autre chose qu'une succession de batailles, d'invasions, de massacres et d'art militaire !
Et pas que la guerre d'ailleurs ; mais aussi le pouvoir, les grands chefs, les sociétés de plus en plus hiérarchisées, toute cette panoplie de sociétés tyranniques, ultra-inégalitaires, esclavagistes, écrasantes, toutes ces sociétés sont celles qui fascinent les historiens, et les gens en général...
Dans un autre livre d'histoire, récent, on parlait des siècles obscurs, cette période de la fin de l'Age de Bronze, où on ne trouve plus de grandes cités, d'Etats, de guerres intéressantes, où il n'y a plus d'ors et de monuments grandioses, où l'historien se retrouve tout nu, sans palais fantastiques à chercher, comme Troie ou Cnossos, sans alphabet mystérieux à déchiffrer, sans trésor à déterrer...
Est-ce que cela veut dire que le monde s'est arrêté ? Est-ce que cela veut dire que les gens n'existaient plus ? que les villages étaient abandonnés ? Que la vie s'est arrêtée pendant un demi -siècle ?? L'auteur tournait le dos résolument à cette époque, qui visiblement ne l'intéressait pas, au point d'en dire (bon, je cite de mémoire, je n'ai pas le bouquin, je n'ai même plus les références, il faut absolument que je retrouve ça !) :
"ces pauvres gens, ces peuples sans but, sans destin, qui ont disparu dans le vide de l'oubli, qui n'ont rien laissé dans la gloire de la civilisation et de la grandeur humaine, ces sociétés que l'on pourrait croire retournées à la préhistoire, à l'animalité, d'où ne reste aucun dieu, aucun roi glorieux, aucune pyramide, aucun art, aucun écrit, aucune trace de leur grandeur, de leur ingéniosité, de leur humanité !!! "
Wow ! quelle condamnation sans appel !! Qu'est-ce qui permet d'affirmer cela ?
Pourquoi a-t-on à ce point besoin de l'écriture pour croire que l'on est humain ? Les milliers et les milliers d'années de tradition orale, l'incroyable transmission des récits, des visions, des croyances, des savoirs, qui depuis la nuit des temps accompagne l'humanité sont-ils à rayer d'un coup de plume supérieur ?
En quoi les sociétés hyper-autoritaires, hiérarchisées, dominées par quelques castes guerrières, religieuses ou marchandes sont-elles à ce point la référence de ce qu'est une civilisation, un peuple civilisé ?
Bien sûr, ces sociétés coercitives peuvent lever de la main d'oeuvre humaine en grande quantité, la faire travailler et la faire mourir, et avec cela construire ces merveilles que sont les pyramides, les amphithéâtres, les ziggourats, que sais-je encore, toutes ces ruines fascinantes qui nous restent pour nous évoquer ces périodes !
Bien sûr que ces sociétés ont dégagé un surplus de richesse de leur organisation, de leur structuration, que cela s'est traduit par des scientifiques, des écrivains, des artistes, des techniques nouvelles, des inventions, une vraie stimulation intellectuelle qui a poussé les hommes vers l'avant.
Mais arrêtons de croire que l'humanité ne doit, et ne peux ressembler qu'à ces structures sociales violentes, injustes, arbitraires, inégalitaires, guerrières !
Pourquoi oublier l'immense majorité des gens qui vivent là, à ces époques, dans toutes les parties du monde, qui habitent dans de petits villages, ou dans de petites cités pourquoi pas, qui sont la réalité absolue de l'espèce humaine, ils en sont le corps, la matière première, tous ces paysans qui, jours après jours, pendant un mois, un an, cent ans, mille ans, une dizaine de milliers d'années, tous, vivent, naissent s'amusent enfants, souffrent, meurent, survivent, aiment, jouissent, chantent, tremblent devant la tempête et l'orage, subissent la sécheresse, partent sur un chemin vers un ailleurs, observent la nature, imitent ses techniques, inventent des outils, sculptent pour leur plaisir, ou par inspiration, rêvent de dieux, de créatures, de puissances, racontent des histoires, perçoivent les forces du monde...
Ce sont ces hommes là qui sont le terreau de toutes ces merveilles que quelques dictateurs ont un jour voulu bâtir à leur seule gloire et leur seul orgueil !
mais c'est une réflexion qui me trotte dans la tête depuis un moment déjà.
Le traumatisme violent que subit un peuple, une population au passage des armées, des pillages, des violences physiques et culturelles, doit s'exorciser par la mise en scène de héros, de protections divines, de chefs et de faits d'armes ou de bravoure collectifs ou individuels.
Et cela s'inscrit fortement dans la trace, l'empreinte que pourra laisser un peuple dans le cours du temps et de l'espace, dans l'histoire.Notre culture, notre éducation, notre pensée historique incline fortement vers cette vision, nous ne faisons pas beaucoup d'efforts pour essayer d'imaginer autre chose que ces récits guerriers, pour voir l'histoire des hommes comme autre chose qu'une succession de batailles, d'invasions, de massacres et d'art militaire !
Et pas que la guerre d'ailleurs ; mais aussi le pouvoir, les grands chefs, les sociétés de plus en plus hiérarchisées, toute cette panoplie de sociétés tyranniques, ultra-inégalitaires, esclavagistes, écrasantes, toutes ces sociétés sont celles qui fascinent les historiens, et les gens en général...
Est-ce que cela veut dire que le monde s'est arrêté ? Est-ce que cela veut dire que les gens n'existaient plus ? que les villages étaient abandonnés ? Que la vie s'est arrêtée pendant un demi -siècle ?? L'auteur tournait le dos résolument à cette époque, qui visiblement ne l'intéressait pas, au point d'en dire (bon, je cite de mémoire, je n'ai pas le bouquin, je n'ai même plus les références, il faut absolument que je retrouve ça !) :
"ces pauvres gens, ces peuples sans but, sans destin, qui ont disparu dans le vide de l'oubli, qui n'ont rien laissé dans la gloire de la civilisation et de la grandeur humaine, ces sociétés que l'on pourrait croire retournées à la préhistoire, à l'animalité, d'où ne reste aucun dieu, aucun roi glorieux, aucune pyramide, aucun art, aucun écrit, aucune trace de leur grandeur, de leur ingéniosité, de leur humanité !!! "
Wow ! quelle condamnation sans appel !! Qu'est-ce qui permet d'affirmer cela ?
Pourquoi a-t-on à ce point besoin de l'écriture pour croire que l'on est humain ? Les milliers et les milliers d'années de tradition orale, l'incroyable transmission des récits, des visions, des croyances, des savoirs, qui depuis la nuit des temps accompagne l'humanité sont-ils à rayer d'un coup de plume supérieur ?
En quoi les sociétés hyper-autoritaires, hiérarchisées, dominées par quelques castes guerrières, religieuses ou marchandes sont-elles à ce point la référence de ce qu'est une civilisation, un peuple civilisé ?
Bien sûr, ces sociétés coercitives peuvent lever de la main d'oeuvre humaine en grande quantité, la faire travailler et la faire mourir, et avec cela construire ces merveilles que sont les pyramides, les amphithéâtres, les ziggourats, que sais-je encore, toutes ces ruines fascinantes qui nous restent pour nous évoquer ces périodes !
Bien sûr que ces sociétés ont dégagé un surplus de richesse de leur organisation, de leur structuration, que cela s'est traduit par des scientifiques, des écrivains, des artistes, des techniques nouvelles, des inventions, une vraie stimulation intellectuelle qui a poussé les hommes vers l'avant.
Mais arrêtons de croire que l'humanité ne doit, et ne peux ressembler qu'à ces structures sociales violentes, injustes, arbitraires, inégalitaires, guerrières !Pourquoi oublier l'immense majorité des gens qui vivent là, à ces époques, dans toutes les parties du monde, qui habitent dans de petits villages, ou dans de petites cités pourquoi pas, qui sont la réalité absolue de l'espèce humaine, ils en sont le corps, la matière première, tous ces paysans qui, jours après jours, pendant un mois, un an, cent ans, mille ans, une dizaine de milliers d'années, tous, vivent, naissent s'amusent enfants, souffrent, meurent, survivent, aiment, jouissent, chantent, tremblent devant la tempête et l'orage, subissent la sécheresse, partent sur un chemin vers un ailleurs, observent la nature, imitent ses techniques, inventent des outils, sculptent pour leur plaisir, ou par inspiration, rêvent de dieux, de créatures, de puissances, racontent des histoires, perçoivent les forces du monde...
Ce sont ces hommes là qui sont le terreau de toutes ces merveilles que quelques dictateurs ont un jour voulu bâtir à leur seule gloire et leur seul orgueil !
petit historique des origines du vignoble français (Gaule)
- la vigne sauvage poussait en Gaule, mais pas de preuves d'utilisation particulière, et de toutes façons pas de vin.
- Boisson fermentée traditionnelle en Gaule : bière (cervoise) et hydromel
- qui vivait en Gaule ? peuplades celtes origine germanique, sur un fond plus ancien inconnu (sauf dans le sud, peuple Ligure.)
- les Grecs débarquent à Marseille, fondent un petit comptoir, et commercent avec les Ligures, puis avec les Gaulois du littoral languedocien.
- Puis ils remontent la vallée du Rhône (eux ou des commercants gaulois) et approchent les peuples gaulois des régions alpines, lyonnaises, bourguignonnes. Le commerce entre vin d'un côté et métaux de l'autre est florissant. Mais le vin est juste destiné aux très riches dignitaires gaulois (rois, nobles) et reste instrument de reconnaissance, de pouvoir.
- Puis le clergé et quelques chefs gaulois réagissent contre cette boisson : pendant 2 siècles, disparition totale de toute trace de vin, d'amphores. Certainement réaction politique et religieuse pour défendre la culture gauloise, et rejeter la boisson de l'étranger qui corrompt la société.
- Les Gaulois envahissent le sud, puis l'Italie, la Grèce, jusque à la Turquie. Mélange et découverte d'autres cultures, et du vin. Terreur des populations romaines, et mythe du Gaulois ivre de vin.
- Ier s. av. JC : les Gaulois adoptent de nouveau le vin, mais toujours d'une façon élitiste. Les chefs organisent des grands banquets « électoraux ». Les druides aussi commencent à intégrer le vin dans leur culte.
- Puis les Romains envahissent et conquièrent la Gaule. La colonisation se met rapidement en place par l'arrivée et l'installation des vétérans à qui on offre des terres, et qu'ils mettent en culture avec la vigne. C'est le vrai départ de la viticulture en Gaule.
- Les domaines fleurissent au 1er siècle dans toute la Gaule, Languedoc-Provence, Vallée du Rhône, Aquitaine-Bordeaux, Bourgogne (assez tard), Moselle ? La Gaule devient rapidement grosse productrice de vin, exporte vers Rome, vers l'Angleterre (déjà !). Les cépages se diversifient, avec la plantation dans de nouveaux climats plus froids que traditionnellement.
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Diversité des cépages géorgiens
Rencontre avec Giorgi Samanishvili, oenologue géorgien qui (entre autre) travaille pour le "National Centre for Grapevine and Fruit Tree Planting Material Propagation". Il s'agit d'un conservatoire des cépages géorgiens créé depuis l'effondrement et le départ des soviétiques pour retrouver et préserver la diversité ampélologique de ce pays berceau de la viticulture (voir post
Balade sur le site avec un guide éclairé, et dans un français... remarquable !
Caucase, lieu de création...
Je me souviens d'un livre sur les arbres, une flore qu'on avait quand j'étais enfant, où l'on décrit les arbres de nos régions d'Europe. Dans un coin, au bas de la description, il y a l'origine connue ou supposée des espèces. Et, je ne sais pas, mais j'avais l'impression qu'à chaque fois que je regardais l'origine de nos arbres, tous, ceux des parcs, des forêts ou des vergers, les ormes, les charmes, les platanes, les pommiers, les poiriers, les abricotiers que sais-je, sans parler des arbustes, des arbrisseaux, des taillis, des haies... bref, à chaque fois... origine : Caucase, Asie Centrale ou Orientale. Mais vraiment ; Caucase revenait me semblait-il systématiquement.
Depuis j'ai repris les flores, finalement non, tout ne vient pas de là-bas.
Mais tout de même, cette région, cette profusion, cette diversité géographique, des reliefs, des climats, des micro-climats, l'influence chaude et humide de la mer Noire, l'influence froide et humide de la Caspienne, les vents glacés qui descendent des crêtes qui dépassent 5 000 mètres, le courant d'air chaud coincé entre le Petit et le Grand Caucase, le souffle brûlant des déserts d'Iran et de Syrie qui remonte et se glisse vers l’Azerbaïdjan .. Oui, le Caucase a tout pour réveiller la nature, la vie, la folie biologique, toutes les espèces peuvent se donner rendez-vous ici et convoler, expérimenter, inventer, avant de conquérir le monde...
Et les homme aussi !!!
Caucase, la montagne des langues, où la moindre vallée abritait un peuple différent, une langue autre, Babel n'est rien à côté de la montagne magique...
Depuis j'ai repris les flores, finalement non, tout ne vient pas de là-bas.
Mais tout de même, cette région, cette profusion, cette diversité géographique, des reliefs, des climats, des micro-climats, l'influence chaude et humide de la mer Noire, l'influence froide et humide de la Caspienne, les vents glacés qui descendent des crêtes qui dépassent 5 000 mètres, le courant d'air chaud coincé entre le Petit et le Grand Caucase, le souffle brûlant des déserts d'Iran et de Syrie qui remonte et se glisse vers l’Azerbaïdjan .. Oui, le Caucase a tout pour réveiller la nature, la vie, la folie biologique, toutes les espèces peuvent se donner rendez-vous ici et convoler, expérimenter, inventer, avant de conquérir le monde...
Et les homme aussi !!!
Caucase, la montagne des langues, où la moindre vallée abritait un peuple différent, une langue autre, Babel n'est rien à côté de la montagne magique...
Quand le vin arrive en Gaule
Diodore de Sicile (V,26) Bibliothèque Historique, Ier siècle av. JC.
Ma nuit au néolithique # 3
On vit ici, et nous
avons un secret, un don des esprits dont nous prenons soin, une tradition dont
les anciens parlent avec respect, avec crainte aussi car personne du village ne
peut expliquer quel sortilège, quelle force mystérieuse agit sur notre potion
magique ! Chez nous, on prépare le vin, un de nos ancêtres a un jour découvert,
inventé comment conserver le jus des raisins au lieu de les manger tout de
suite, il les a mis dans un creux de rocher, ou dans une calebasse, ces
récipients pratiques qui nous servent à tout, et les esprits sont venus et ont
transformé le jus en vin, la boisson des esprits qui emporte l'âme des humains
dans des mondes interdits...
Et c'est un grand
évènement d'avoir inventé le vin, parce que ça, les animaux ne savent pas le
faire, ils ne connaissent pas la gomme du térébinthe qui pousse dans les
collines et qui conserve le jus fermenté pendant la saison chaude, ils ne
connaissent pas les poteries de terre que maintenant on enterre dans le sol,
bien bouchées d'argile, pour que le vin reste à l'abri des rayons du soleil et
des chaleurs trop fortes...
Oui, le vin est
bien une invention des hommes, un signe de notre créativité, de notre
intelligence, de notre esprit curieux, un goût du jeu, du risque, du plaisir et
d'une aspiration à l'éternel.
Fondation de l'abbaye de Cîteaux # 1
Quand on se penche sur les circonstances de la fondation de Cîteaux, et de l'ordre cistercien, il y a un fait qui étonne toujours, qui laisse un peu songeur... Il s'agit de la frénésie de création de nouveaux sites monastiques à cette époque, ainsi que de la quantité de petits groupes de moines, ou de religieux de tous poils qui essaimaient un peu partout. Disons en tous cas sur le territoire bourguignon par exemple.C'est en lisant l'itinéraire de Robert de Molesmes, fondateur de Cîteaux que l'on découvre cette réalité.
Il naît près de Troyes (1029). A 15 ans, il rentre dans les ordres. Il y devient prieur (1053, il a 34 ans). En 1069, à 40 ans, il est appelé près de Tonnerre (Yonne, à 100 km de Troyes) pour diriger quelques moines. Ça ne se passe pas trop bien, la règle n'est pas assez strictement observée, il revient à Troyes. En 1072 (43 ans) il part à Provins. Puis il rejoint un groupe d'ermites dans la forêt de Colan (1074). Il les emmène à Molesme (Côte d'Or, juste en limite de l'Yonne) (1075)(46 ans) où il fonde une nouvelle abbaye. C'est un véritable succès, les donations abondent, le monastère devient très riche et s'étend sur la région : 35 prieurés en dépendent en 1098, 23 ans plus tard ! Mais ce développement rapide ne convient pas à Robert, la richesse surtout qui corrompt l'esprit presque ermitique dont il rêvait. Il part plusieurs fois à Aux en Savoie (entre 1090 et 1093)(60 ans). Puis il revient diriger Molesme. Finalement, le pape l'autorise avec quelques autres à partir fonder un nouveau site pour être plus près de la Règle de Saint Benoît.
Il partent et s'installent dans la vallée de la Saône au sud de Dijon en 1098 (70 ans) dans un lieu de "cistels" (roseaux). Cîteaux est né.
Les débuts sont difficiles, mais les soutiens politiques et financiers sont fermes, et la nouvelle abbaye survit. Encore une fois, ceux de Molesme le rappelle et Robert y retourne et meurt en 1111 (83 ans).
Le fait remarquable est cette persévérance dans la recherche d'un établissement monastique qui réponde profondément à l'élan mystique du nouveau millénaire. Cluny avait inventé un idéal monastique, avait ouvert la perspective d'une véritable installation de la recherche mystique, mais le succès et le temps l'avait réduite à pas grand-chose, du moins son idéal s'était raccorni. Alors partout des vocations, des êtres inspirés sont repartis en quête d'une vie plus pure, plus parfaite, et d'une structure pouvant l'abriter.Les "puissants" soutenaient ces êtres sincères et convaincus qui pouvaient leur assurer une certaine clémence divine, et du coup, les expériences se sont multipliées à l'époque. On est à l'orée de l'ère féodale, et le territoire s'est stabilisé dans son partage entre rois, ducs, seigneurs etc. L'église pousse aussi par tous les moyens à l'acquisition foncière et l'apparente innocence des moines et des monastères arrange certainement les deux pouvoirs, seigneurial et ecclésiastique.
Du coup, Robert, personnage certainement inspiré par une véritable vision mystique se débat-il toute sa vie pour trouver sa voie, son site, soit qu'il existe déjà, soit qu'il faille le créer de toutes pièces, et recommencer encore si ce n'est toujours pas la bonne formule !
sources :
http://www.encyclopedie-universelle.com/abbaye-cisterciens.html
http://users.skynet.be/am012324/exordium/fra/2.pdf
http://www.bm-dijon.fr/opacwebaloes/index.aspx?idpage=165
Libellés :
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Rayures
Venise, ville bâtie dans l'eau, sur l'eau, sous l'eau... et pourtant c'est le vin qui a permis ces palais, ces reflets.
Cimetière de kvevri
dans une ancienne "usine à vin" de l'époque soviétique en Kakhétie, on aperçoit le dos rond reconnaissable des kvevri, les immenses jarres traditionnelles de Géorgie... et qui remontent à l'Antiquité, les Grecs utilisaient cela aussi. On les enterre dans le sol et la température est régulée.
On s'arrête,... tournage.
Et rencontre avec David Chichua, spécialiste. Je mettrai l'interview en ligne bientôt.
En attendant, ballade dans un monde étrange de cruches géantes, le cellier de divinités bacchanales, la démesure et l'étrangeté de ces poteries abandonnées.
(musique Georgika - Xvaramze)
Association Kvevri : http://www.kvevri.org/fr/index.html
On s'arrête,... tournage.
En attendant, ballade dans un monde étrange de cruches géantes, le cellier de divinités bacchanales, la démesure et l'étrangeté de ces poteries abandonnées.
(musique Georgika - Xvaramze)
Association Kvevri : http://www.kvevri.org/fr/index.html
galère et réconfort (retour de tournage)
Retour de tournage en Imereti - Géorgie.
Il a neigé le matin, bon, on y va quand même, il faut rentrer à Tbilissi. 3/4 heures de route normalement.
On décide de passer par la montagne, un col pas trop haut, ça devrait passer.
Et le col, ça passe. On se dit que c'est bon, on s'engage dans la longue vallée qui longe l'Ossétie... on est à 5 kilomètres seulement de la frontière où les Russes ont fait la guerre il y a 4 ans... (et sont toujours là, avec les chars). Il n'y a pas un village, rien, 30 km de désert glacé... et les emmerdes commencent !!!
Finalement, après 3 heures d'efforts, 5 poses de chaînes, les doigts gelés, l'angoisse de se trouver bloqués là, au milieu de nulle part, on passe enfin !!!
Et voilà le genre d'endroit merveilleux que l'on trouve après, sur cette petite route perdue. Ça vaut bien toutes les galères ! Le meilleur khadjapuri de Géorgie, je vous le dis :)
Il a neigé le matin, bon, on y va quand même, il faut rentrer à Tbilissi. 3/4 heures de route normalement.
On décide de passer par la montagne, un col pas trop haut, ça devrait passer.
Et le col, ça passe. On se dit que c'est bon, on s'engage dans la longue vallée qui longe l'Ossétie... on est à 5 kilomètres seulement de la frontière où les Russes ont fait la guerre il y a 4 ans... (et sont toujours là, avec les chars). Il n'y a pas un village, rien, 30 km de désert glacé... et les emmerdes commencent !!!
Finalement, après 3 heures d'efforts, 5 poses de chaînes, les doigts gelés, l'angoisse de se trouver bloqués là, au milieu de nulle part, on passe enfin !!!
Et voilà le genre d'endroit merveilleux que l'on trouve après, sur cette petite route perdue. Ça vaut bien toutes les galères ! Le meilleur khadjapuri de Géorgie, je vous le dis :)
Petit cours d'archéo-botanique avec Nana
Rencontre au Musée National, dans la salle aux trésors ; on restaure le Musée pour une inauguration prochaine, et les chercheurs ont entassés leurs collections dans d'immenses salles en attendant, sous les plastiques. C'est mystérieux, émouvant, presque érotique : qu'est-ce que ces voiles blancs nous cachent, nous réservent, quelles merveilles, quelles surprises ?
(voir post Musée Secret)
On est là pour parler du vin des origines, mais Nana Rusishvili, ne l'entend pas de cette oreille, elle veut aussi parler du blé, qui est l'objet véritable de sa recherche :
le passage du blé sauvage au blé domestiqué, au néolithique.
Décidemment, cela peut bien se rapprocher de notre recherche sur la vigne des origines (voir (voir post A l'origine des origines)
Nous faisons l'interview :
Nana Rusishvili:
"Ce n'est pas prouvé, mais on peut penser que la vigne cultivée Vitis vinifera vient de la vigne sauvage Vitis sylvestris. Cela s'est passé sur le continent d'Eurasie où se trouve la vigne sauvage, dans les forêts. La Géorgie fait partie de cette région, et les preuves les plus tangibles qu'on ait depuis la période du néolithique dans les habitations, ce sont les fouilles de Arukhlo et Khamis Didi Gora qui appartiennent à la culture Shulaveri-Shomu Tepe. C'est grace aux pépins, d'après les études morphologiques, que l'on peut savoir si ils sont cultivés ou sauvages. Et justement on a prouvé que les pépins enterrés dans les habitations de la période néolithique appartiennent à la vigne cultivée, Vitis Vinifera.
Comment fait-on l'identification de ces pépins ? C'est par la forme et par les gênes. Et dans les fouilles, les pépins répondent à tous les critères de la vigne cultivée.
Ce n'est pas un hasard si la vigne est déjà cultivée, vu les outils que l'on a trouvé, qui nous montrent que l'agricultiure était déjà bien développée. Si la vigne était déjà domestiquée, c'est le résultat de ce développement avancé dans cette culture du néolithique.
Une des preuve de cette agriculture développée sur ce territoire, on la trouve sur les traces de blé sur une brique des maisons. (Elle nous montre une empreinte de végétal, on reconnait bien la forme du blé dans un fragment d'argile) Ca, c'est le blé "mou", ou blé tendre ! Et ce blé "mou" correspond à un stade d'évolution assez avancé ; on peut dire qu'au 6ème millénaire, le blé "mou" existait déjà. D'ailleurs, le blé avec lequel on se nourrit aujourd'hui, c'est ce blé "mou". En nettoyant les briques qui formaient les maisons dans les fouilles archéologiques, on a trouvé des traces de grains de ce blé.
Le blé sauvage est dur à travailler, c'est difficile d'extraire le grain de l'épi. Mais le blé sauvage arrive à se reproduire seul en tombant sur le sol quand il est mûr. Quand les gens ont commencé la domestication, ils ont fait la sélection instinctivement, ils ont choisi les espèces les plus faciles à travailler; et de plus en plus avec le temps, on a obtenu, non seulement du blé plus facile à travailler, mais on voit par exemple à Arakhlo apparaître le blé à 42 chromosomes (qui est la mutation génétique caractéristique du blé moderne, le blé tendre, alors que les formes plus primitives sont à 24 chromosomes), le blé "libre" avec les grains nus (donc plus faciles à extraire).
On dit que le Caucase, c'est la montagne des langues, mais on pourrait dire la même chose à propos du climat ; ici on trouve le climat de presque tout le monde entier. On a la mer, la montagne, le désert, le climat sub-tropical, et justement c'est cette diversité climatique a causé la diversification biologique. Par exemple pour le blé (ah ah, nous y revenons !) dans le monde entier on trouve 28 sortes de blé dont 21 sont originaires de Géorgie ! Dont 5 endémiques, qu'on ne peut pas trouver ailleurs ! Il y a 500 cépages de vigne en Géorgie et justement, cette diversification est causée par la diversité climatique qu'on trouve sur un aussi petit territoire.
Je peux parler aussi de la culture Koura-Araxe (du nom des 2 grands fleuves trans-caucasiens qui se jettent dans la Caspienne) qui suit la période néolithique. Les pépins de raisin que l'on a trouvé sont de plus en plus gros, ce sont des pépins des raisins de table.
(Puis elle cherche quelque chose, et elle nous montre des pépins dans une petite boîte) Ces pépins, trouvés à Kadashvili Gora, sont plus petits que ceux des raisins de table. Ce sont les premiers pépins trouvés dans le monde entier !! Ca veut dire qu'ils ont 3 000 ans de plus que tous les autres trouvés ailleurs ! Ils datent du 6ème millénaire avant notre ère. Les premiers après ceux là, on les a trouvés en Jordanie, et là-bas, les chercheurs pensent que c'est une forme intermédiaire entre cultivé et sauvage, et on les date du 3ème millénaire. Alors que ceux-là sont des pépins du 6ème millénaire, et ce sont de la vigne domestique !!
On trouve toujours le blé dans l'histoire, on trouve toujours la vigne, on peut dire que ce sont 2 cultures liées, comme on a toujours le pain de la vie, on a toujours la vigne et les pépins (!)."
Le tournage continue, puis on va boire un... café dans une autre pièce. On parle vin, comme toujours, chacun a ses histoires, ses connaissances, ses expériences. Nana parle de certains cépages très locaux, très anciens. Décidémment, le vin, toujours, touche les Géorgiens de tellement près !
voir "Distribution Dika Wheat in Georgia" N. Rusishvili, T. Jinjaikhadze, I. Maisaia Tbilisi 2010
(voir post Musée Secret)
On est là pour parler du vin des origines, mais Nana Rusishvili, ne l'entend pas de cette oreille, elle veut aussi parler du blé, qui est l'objet véritable de sa recherche :
le passage du blé sauvage au blé domestiqué, au néolithique.
Décidemment, cela peut bien se rapprocher de notre recherche sur la vigne des origines (voir (voir post A l'origine des origines)
Nous faisons l'interview :
Nana Rusishvili:
"Ce n'est pas prouvé, mais on peut penser que la vigne cultivée Vitis vinifera vient de la vigne sauvage Vitis sylvestris. Cela s'est passé sur le continent d'Eurasie où se trouve la vigne sauvage, dans les forêts. La Géorgie fait partie de cette région, et les preuves les plus tangibles qu'on ait depuis la période du néolithique dans les habitations, ce sont les fouilles de Arukhlo et Khamis Didi Gora qui appartiennent à la culture Shulaveri-Shomu Tepe. C'est grace aux pépins, d'après les études morphologiques, que l'on peut savoir si ils sont cultivés ou sauvages. Et justement on a prouvé que les pépins enterrés dans les habitations de la période néolithique appartiennent à la vigne cultivée, Vitis Vinifera.
Comment fait-on l'identification de ces pépins ? C'est par la forme et par les gênes. Et dans les fouilles, les pépins répondent à tous les critères de la vigne cultivée.
Ce n'est pas un hasard si la vigne est déjà cultivée, vu les outils que l'on a trouvé, qui nous montrent que l'agricultiure était déjà bien développée. Si la vigne était déjà domestiquée, c'est le résultat de ce développement avancé dans cette culture du néolithique.
Une des preuve de cette agriculture développée sur ce territoire, on la trouve sur les traces de blé sur une brique des maisons. (Elle nous montre une empreinte de végétal, on reconnait bien la forme du blé dans un fragment d'argile) Ca, c'est le blé "mou", ou blé tendre ! Et ce blé "mou" correspond à un stade d'évolution assez avancé ; on peut dire qu'au 6ème millénaire, le blé "mou" existait déjà. D'ailleurs, le blé avec lequel on se nourrit aujourd'hui, c'est ce blé "mou". En nettoyant les briques qui formaient les maisons dans les fouilles archéologiques, on a trouvé des traces de grains de ce blé.
Le blé sauvage est dur à travailler, c'est difficile d'extraire le grain de l'épi. Mais le blé sauvage arrive à se reproduire seul en tombant sur le sol quand il est mûr. Quand les gens ont commencé la domestication, ils ont fait la sélection instinctivement, ils ont choisi les espèces les plus faciles à travailler; et de plus en plus avec le temps, on a obtenu, non seulement du blé plus facile à travailler, mais on voit par exemple à Arakhlo apparaître le blé à 42 chromosomes (qui est la mutation génétique caractéristique du blé moderne, le blé tendre, alors que les formes plus primitives sont à 24 chromosomes), le blé "libre" avec les grains nus (donc plus faciles à extraire).
On dit que le Caucase, c'est la montagne des langues, mais on pourrait dire la même chose à propos du climat ; ici on trouve le climat de presque tout le monde entier. On a la mer, la montagne, le désert, le climat sub-tropical, et justement c'est cette diversité climatique a causé la diversification biologique. Par exemple pour le blé (ah ah, nous y revenons !) dans le monde entier on trouve 28 sortes de blé dont 21 sont originaires de Géorgie ! Dont 5 endémiques, qu'on ne peut pas trouver ailleurs ! Il y a 500 cépages de vigne en Géorgie et justement, cette diversification est causée par la diversité climatique qu'on trouve sur un aussi petit territoire.
Je peux parler aussi de la culture Koura-Araxe (du nom des 2 grands fleuves trans-caucasiens qui se jettent dans la Caspienne) qui suit la période néolithique. Les pépins de raisin que l'on a trouvé sont de plus en plus gros, ce sont des pépins des raisins de table.
(Puis elle cherche quelque chose, et elle nous montre des pépins dans une petite boîte) Ces pépins, trouvés à Kadashvili Gora, sont plus petits que ceux des raisins de table. Ce sont les premiers pépins trouvés dans le monde entier !! Ca veut dire qu'ils ont 3 000 ans de plus que tous les autres trouvés ailleurs ! Ils datent du 6ème millénaire avant notre ère. Les premiers après ceux là, on les a trouvés en Jordanie, et là-bas, les chercheurs pensent que c'est une forme intermédiaire entre cultivé et sauvage, et on les date du 3ème millénaire. Alors que ceux-là sont des pépins du 6ème millénaire, et ce sont de la vigne domestique !!
On trouve toujours le blé dans l'histoire, on trouve toujours la vigne, on peut dire que ce sont 2 cultures liées, comme on a toujours le pain de la vie, on a toujours la vigne et les pépins (!)."
Le tournage continue, puis on va boire un... café dans une autre pièce. On parle vin, comme toujours, chacun a ses histoires, ses connaissances, ses expériences. Nana parle de certains cépages très locaux, très anciens. Décidémment, le vin, toujours, touche les Géorgiens de tellement près !
voir "Distribution Dika Wheat in Georgia" N. Rusishvili, T. Jinjaikhadze, I. Maisaia Tbilisi 2010
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