Démo Tamada Project
Réalisation - montage : Dan Derenne
Fiction :
Comédiens : Yannick Rosset (Dionysos)
Yves Bajard (le druide)
Lumière : Hugo Juillard (PH Creative Studio - Lyon)
Image : Mehdi Natech
Compositing, Mattekey : Tanguy Saez (Sens 2K)
Assistante Réalisation : Tuba Gültekin
Maquillage - Costumes : Eugénie Altenbach
Tournage Géorgie + Grèce :
Image : Dan Derenne
Son : Niko Tarielashvili
Tournage Vallée du Rhône :
Image : Dan Derenne
Son : Christophe Foulon
Merci à Tamuna, Romain, Marina, Khatuna Tsereteli, Andro Tsereteli, Nino Kveselava, Ina, Minda Javalaze, Guram, Nino Lorkipanidze, Giorgi Samanishvili, Giorgos Gavalas, Margarita, Sylvain Pitiot, Jeremy Wilks, Christophe Caillaud, Stéphane, Pierre Gaillard.
Libellés :
archéologie,
docu,
écriture film,
fiction,
film,
gallo-romain,
géorgie,
Grèce,
mystique,
tamada
une grande aventure de cinéma !
Quelle excitation ! Quelle aventure ! Décidément, c'est toujours la même chose ; la grande ronde, la farandole de la création, de la production, faire surgir une histoire à partir de rien, d'une idée, d'une envie... quelle prétention et quelle merveille !
C'est ce lever le matin très tôt pour écrire, dans la nuit finissante, puis le jour éclaircit la nuit, on est seul réveillé, le tumulte de toutes les pensées des gens dans la ville, dans le voisinage, dans la maison, tous les cerveaux sont au ralenti, les ondes sont douces et calmes, tout le bouillonnement et l'excitation, voire l'agressivité des milliers de vies qui se croisent, se télescopent, tout est apaisé quelques heures, et alors on peut soudain se connecter ! Se connecter avec son imaginaire, on peut laisser son esprit construire des
mondes de fiction, on peut laisser les visions s'établir en soi, on peut bâtir des structures virtuelles, des mondes qui se jouent du Temps et des espaces, on fait apparaître des personnages, on les visualise, on sait ce qu'ils veulent nous dire, on prend la plume et on écrit !
Ici l'Histoire peut faire son apparition, on crée des mondes anciens dans sa tête, dans son regard, dans son corps, on se connecte avec les siècles et les civilisations disparus...
On devient acteur ! On devient interrogateur du monde, et à partir de là, on l'invente, on le fait exister ! Questionner, c'est donner vie ! Ou peut-être pas vie, mais existence !
On approfondit notre rapport au monde, on cherche le lien, le sens, on découvre que l'on peut poser notre "existant" dans le réel du monde, c'est-à-dire que finalement, on peut se regarder de l'extérieur et voir que on est présent au milieu de "l'existant" multiple et global de la Terre, du paysage autour de nous, des êtres, du vivant comme de l'inanimé...
oui, en réfléchissant au sens d'une histoire, en pensant à des personnages, à une action, à un décor, en creusant cette idée, cette narration, en cherchant la profondeur d'un geste, d'une action, d'un dialogue, d'une décision, en inventant un mouvement, une vibration autour d'un être filmique, en pensant au décor, au paysage, aux accessoires, en cherchant dans la mise en scène une harmonie, une esthétique, une danse complice entre la représentation et la perception...
on définit une nouvelle relation au monde, on redonne de la réalité à ce qui défilait derrière la vitre de l'existence, perdu dans notre rêverie inutile. Ecrire, inventer, créer, c'est s'arrêter et descendre en plein no man's land de la vie, et regarder pour une fois arrêté, immobile, ce qui jusqu'à présent ne faisait que ressembler à un paysage, un décor...
C'est ce lever le matin très tôt pour écrire, dans la nuit finissante, puis le jour éclaircit la nuit, on est seul réveillé, le tumulte de toutes les pensées des gens dans la ville, dans le voisinage, dans la maison, tous les cerveaux sont au ralenti, les ondes sont douces et calmes, tout le bouillonnement et l'excitation, voire l'agressivité des milliers de vies qui se croisent, se télescopent, tout est apaisé quelques heures, et alors on peut soudain se connecter ! Se connecter avec son imaginaire, on peut laisser son esprit construire des mondes de fiction, on peut laisser les visions s'établir en soi, on peut bâtir des structures virtuelles, des mondes qui se jouent du Temps et des espaces, on fait apparaître des personnages, on les visualise, on sait ce qu'ils veulent nous dire, on prend la plume et on écrit !
Ici l'Histoire peut faire son apparition, on crée des mondes anciens dans sa tête, dans son regard, dans son corps, on se connecte avec les siècles et les civilisations disparus...
On devient acteur ! On devient interrogateur du monde, et à partir de là, on l'invente, on le fait exister ! Questionner, c'est donner vie ! Ou peut-être pas vie, mais existence !On approfondit notre rapport au monde, on cherche le lien, le sens, on découvre que l'on peut poser notre "existant" dans le réel du monde, c'est-à-dire que finalement, on peut se regarder de l'extérieur et voir que on est présent au milieu de "l'existant" multiple et global de la Terre, du paysage autour de nous, des êtres, du vivant comme de l'inanimé...
oui, en réfléchissant au sens d'une histoire, en pensant à des personnages, à une action, à un décor, en creusant cette idée, cette narration, en cherchant la profondeur d'un geste, d'une action, d'un dialogue, d'une décision, en inventant un mouvement, une vibration autour d'un être filmique, en pensant au décor, au paysage, aux accessoires, en cherchant dans la mise en scène une harmonie, une esthétique, une danse complice entre la représentation et la perception...
on définit une nouvelle relation au monde, on redonne de la réalité à ce qui défilait derrière la vitre de l'existence, perdu dans notre rêverie inutile. Ecrire, inventer, créer, c'est s'arrêter et descendre en plein no man's land de la vie, et regarder pour une fois arrêté, immobile, ce qui jusqu'à présent ne faisait que ressembler à un paysage, un décor...
Poésie persane
Lorsque la tête basse, je me retrouverai au pied de la mort,
Et que celle-ci m'aura déplumé comme un pauvre oiseau,
Alors, gardez-vous de faire de mon argile autre chose qu'une carafe ;
Car, peu-être alors, remplit du vin, je recommencerai un instant à vivre !
Omar Khayyâm (XIème siècle - Perse)
Robâiyât (Quatrains)
(traduction du persan de Hassan Rezvanian - col. Babel)
Et que celle-ci m'aura déplumé comme un pauvre oiseau,
Alors, gardez-vous de faire de mon argile autre chose qu'une carafe ;
Car, peu-être alors, remplit du vin, je recommencerai un instant à vivre !
Omar Khayyâm (XIème siècle - Perse)
Robâiyât (Quatrains)
(traduction du persan de Hassan Rezvanian - col. Babel)
Note filmique #5 / Webdoc and Co
Ce fameux web-doc !! Où en est-on ?
Les chaînes veulent toutes leur exposition internet, on clame partout la mort prochaine de la télé tombant du ciel dans le cerveau disponible de chacun, on ne veut plus que des projets de films accompagnés de leur pendant internet !!
Mais qui regarde des web-docs ?? Qui d'ailleurs s'amuse à en produire ? Les producteurs partent en courant des qu'on prononce ce mot ! Pas de modèle économique, pas d'audience, beaucoup trop cher, pas de circuits de financements suffisants...
Notes prises pendant un stage webdoc (Cinédoc à Annecy). C'est très intéressant !
Une bonne question pour démarrer : qu'est-ce qu'on pourrait faire sur internet qu'on ne fait pas à la télé ?
De l'interactivité bien sûr ! Donc, le webdoc c'est... interactif !
Quelle expérience va-t-on proposer à l'internaute ? Il faut une expérience dense, une expérience personnelle, en immersion. Il faut placer l'internaute au centre du récit.
L'idée initiale du web était de relier les gens entre eux. Maintenant on peut apprendre et contribuer.
L'auteur devient un architecte narratif. Il faut "gamifier" le récit : 1 événement interactif = 1 point de montage. L'évènement interactif (le clic) devient le noeud temporel du récit. Mais les pages web peuvent aussi avoir une dimension temporelle, elles ont une durée intrinsèque, que l'internaute peut modifier par son comportement.
Il y a plusieurs types de comportements, d'actions possibles :
- accéder à des ressources
- manipuler des contenus
- produire du contenu (posts...)Il faut animer, entretenir "sa" communauté, "son" public web : c'est le community managment. Quelqu'un a établit une loi mathématique (!) :
pour 100 000 internautes qui regardent une page web
>>> 1 000 pensent qu'ils pourraient/aimeraient bien contribuer,
>>> 10 disent qu'ils vont le faire
>>> 1 va vraiment le faire !!

Si on veut définir un projet webdoc, on peut se poser ces questions :
- quel sujet, quel support, quel endroit (lieu-univers du récit)
- quel principe de navigation (navigation contrainte -peu interactive, chaînage à choix en arborescence : divergents, en boucle, choix définitifs, en arête de poisson...) > de toutes façons, c'est plutôt une bonne idée de varier les architectures narratives, une navigation riche et variée évite de lasser - mais on peut être un peu perdus...
- quelle intention (pourquoi parler de telle chose), quels enjeux (en quoi ce sujet résonne dans le monde d'aujourd'hui), quel public (communauté - a créer = impossible ?, existante - s'adosser à une communauté déjà vivante, des réseaux, des groupes, des forums, des sites, des médias web, des blogs existants...), quels partenaires (éditoriaux, studio, développement multimédia, informatique etc.)
- quel financement : argent public, issu d'une volonté politique : TV publique et CNC. Le crowd funding n'est pas vraiment la panacée pour le finacement, mais est un bon moyen pour parler de son projet, pour rencontrer une communauté, permet de sonder l'opinion, de capitaliser en termes d'image.
Les tendances actuelles :
- le jeu : gamification / le jeu, c'est gagner quelque chose = bon moteur d'intérêt. Mais est-ce un bon moteur narratif ?
- le mobile (tablettes etc.)
- la simplicité interactive, de l'architecture narrative.
- la contribution,
Mais qui regarde des web-docs ?? Qui d'ailleurs s'amuse à en produire ? Les producteurs partent en courant des qu'on prononce ce mot ! Pas de modèle économique, pas d'audience, beaucoup trop cher, pas de circuits de financements suffisants...
Notes prises pendant un stage webdoc (Cinédoc à Annecy). C'est très intéressant !
De l'interactivité bien sûr ! Donc, le webdoc c'est... interactif !
Quelle expérience va-t-on proposer à l'internaute ? Il faut une expérience dense, une expérience personnelle, en immersion. Il faut placer l'internaute au centre du récit.
L'idée initiale du web était de relier les gens entre eux. Maintenant on peut apprendre et contribuer.
L'auteur devient un architecte narratif. Il faut "gamifier" le récit : 1 événement interactif = 1 point de montage. L'évènement interactif (le clic) devient le noeud temporel du récit. Mais les pages web peuvent aussi avoir une dimension temporelle, elles ont une durée intrinsèque, que l'internaute peut modifier par son comportement.
Il y a plusieurs types de comportements, d'actions possibles :
- accéder à des ressources
- manipuler des contenus
- produire du contenu (posts...)Il faut animer, entretenir "sa" communauté, "son" public web : c'est le community managment. Quelqu'un a établit une loi mathématique (!) :
pour 100 000 internautes qui regardent une page web
>>> 1 000 pensent qu'ils pourraient/aimeraient bien contribuer,
>>> 10 disent qu'ils vont le faire
>>> 1 va vraiment le faire !!
Si on veut définir un projet webdoc, on peut se poser ces questions :
- quel sujet, quel support, quel endroit (lieu-univers du récit)
- quel principe de navigation (navigation contrainte -peu interactive, chaînage à choix en arborescence : divergents, en boucle, choix définitifs, en arête de poisson...) > de toutes façons, c'est plutôt une bonne idée de varier les architectures narratives, une navigation riche et variée évite de lasser - mais on peut être un peu perdus...
- quelle intention (pourquoi parler de telle chose), quels enjeux (en quoi ce sujet résonne dans le monde d'aujourd'hui), quel public (communauté - a créer = impossible ?, existante - s'adosser à une communauté déjà vivante, des réseaux, des groupes, des forums, des sites, des médias web, des blogs existants...), quels partenaires (éditoriaux, studio, développement multimédia, informatique etc.)
- quel financement : argent public, issu d'une volonté politique : TV publique et CNC. Le crowd funding n'est pas vraiment la panacée pour le finacement, mais est un bon moyen pour parler de son projet, pour rencontrer une communauté, permet de sonder l'opinion, de capitaliser en termes d'image.
Les tendances actuelles :
- le jeu : gamification / le jeu, c'est gagner quelque chose = bon moteur d'intérêt. Mais est-ce un bon moteur narratif ?
- le mobile (tablettes etc.)
- la simplicité interactive, de l'architecture narrative.
- la contribution,
Les mots du vin
"Il a un parfum de fruit, de fruits rouges, cassis, groseille, on sent des pointes d'acacia et d'abricot, ou de cuir et de réglisse, ou de poire confite et de vanille... "
J'ai toujours été surpris du fait que pour parler du vin, on doive aller se référer à d'autres fruits, d'autres odeurs. On ne définit pas le vin ou le cépage par lui-même !
Toujours des odeurs, des parfums qui viennent d'ailleurs. Comme si le vin n'arrivait pas à avoir définit sa propre place dans le monde des senteurs, que chaque cépage n'arrivait pas à se faire identifier pour ce qu'il est, pour son propre parfum...
On peut se dire que c'est parce que le vin est un produit de transformation, en fait on ne boit pas vraiment le jus du raisin. On ne peut pas dire, oh, ce goût de raisin mondeuse ou cabernet-franc ! La fermentation a transformé le jus en quelque chose de nouveau, et d'ailleurs, qui a jamais goûté (à part les vignerons bien sûr - et les vendangeurs :) une grappe de syrah, de cabernet ou de pinot noir ?
Mais une autre explication m'a été donnée par Philippe Grenier (aux Amphores en St Joseph) : c'est qu'on on arrête pas d'en parler, du vin ! Ca fait 2 000 ans que les hommes se passionnent pour le vin, qu'ils en parlent, qu'ils essaient de le définir, de le préciser, de le cerner, de le posséder, de le partager... Et il faut des mots pour cela.
Est-ce que on parle autant des pommes, des poires, du raisin ? On dit, "tiens, cette poire Beurée Hardy est excellente"... On s'en souvient, on retrouvera ce goût un jour, on se rappellera... Mais pour le vin, on en parle souvent, on veut raconter ce qu'on éprouve, quelle goût ça a... et du coup, on va piocher dans la palette des senteurs que l'on connait pour en parler...
J'ai toujours été surpris du fait que pour parler du vin, on doive aller se référer à d'autres fruits, d'autres odeurs. On ne définit pas le vin ou le cépage par lui-même !
Toujours des odeurs, des parfums qui viennent d'ailleurs. Comme si le vin n'arrivait pas à avoir définit sa propre place dans le monde des senteurs, que chaque cépage n'arrivait pas à se faire identifier pour ce qu'il est, pour son propre parfum...
On peut se dire que c'est parce que le vin est un produit de transformation, en fait on ne boit pas vraiment le jus du raisin. On ne peut pas dire, oh, ce goût de raisin mondeuse ou cabernet-franc ! La fermentation a transformé le jus en quelque chose de nouveau, et d'ailleurs, qui a jamais goûté (à part les vignerons bien sûr - et les vendangeurs :) une grappe de syrah, de cabernet ou de pinot noir ?
Mais une autre explication m'a été donnée par Philippe Grenier (aux Amphores en St Joseph) : c'est qu'on on arrête pas d'en parler, du vin ! Ca fait 2 000 ans que les hommes se passionnent pour le vin, qu'ils en parlent, qu'ils essaient de le définir, de le préciser, de le cerner, de le posséder, de le partager... Et il faut des mots pour cela.
Est-ce que on parle autant des pommes, des poires, du raisin ? On dit, "tiens, cette poire Beurée Hardy est excellente"... On s'en souvient, on retrouvera ce goût un jour, on se rappellera... Mais pour le vin, on en parle souvent, on veut raconter ce qu'on éprouve, quelle goût ça a... et du coup, on va piocher dans la palette des senteurs que l'on connait pour en parler...
Pressoir à la (gallo)-romaine
Vinalia 2013, à Saint-Romain -en-Gal, près de Lyon. Au coeur de la Côte-Rôtie, expérimentation de vendange et de pressage de raisin à la mode romaine. Tout ça bien sûr au musée Archéologique de St-Romain.
vinalia2013HD from danderen on Vimeo.
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Rhône,
Romains,
vendange,
vinalias,
vinification
Delos, Dédale sous la pluie
Musique Antoine et Jean-Lou Cuenne.
Oral/écrit ...des choix de civilisation
Si l'occident a réussi, s'est imposé dans le monde, ce serait par ce passage précoce des peuples méditerranéens à l'écriture. Le retard de l'Afrique, des Indiens d'Amérique, des peuples d'Océanie, d'Asie centrale, d'Europe du Nord serait dû en grande partie à leur retard à passer à l'écriture, voire même leur rejet complet de cette forme de communication ou de transmission des connaissances.
J'ai toujours eu un peu de mal avec cette idée, principalement avec l'idée de "classer" les civilisations, les philosophies, avec les meilleurs et les mauvais, les premiers et les derniers... Quel juge, quel code, quel énoncé des choses que l'on devrait comparer peuvent être réunis devant l'humanité pour savoir si une pensée est "meilleure", plus riche, plus aboutie, et surtout si elle donne mieux les clés du Savoir, de la Connaissance Vraie du monde ?
Le cheminement de la recherche intérieure dans l'humanité a progressé dans toutes les civilisations, a touché tous les peuples, a envahi la conscience de tous les hommes depuis les débuts de leur histoire.
Le passage à l'écriture n'est qu'un épiphénomène dans cette quête, cela ne change pas la nature même de la quête, et la diversité des réponses que les civilisations y ont apporté.
La recherche sur le monde grec et gaulois entre particulièrement dans ce questionnement, dans la mesure où les Grecs ont développé l’écriture et avec quel talent et quel succès !
Tandis que les Gaulois ont rejeté profondément l'écriture, volontairement, alors même que leur philosophie semble avoir été florissante, et d'une certaine manière, assez proche de celle des Grecs !
"Ils (les druides) pensent qu'il est interdit par la religion de confier leur science à l'écriture, bien que, dans presque tout le reste des affaires, dans les comptes publics et privés, ils se servent de l'alphabet grec. Cet usage oral me paraît voulu pour deux raisons. Ils ne veulent pas voir divulguer leur doctrine ni que leurs élèves, se fiant à l'écriture, cultivent moins leur mémoire: ce qui arrive généralement; lorsqu'on se sert de textes écrits, on s'applique moins à apprendre par cœur et on néglige sa mémoire."
Jules César : La guerre des Gaules, VI, 13-14, Traduction de : Germaine Roussel, 1963, Paris, 10/18
Les philosophes grecs, par le fait de figer la connaissance sur un support, l'a-t-elle rendue plus accessible, plus "palpable", plus réelle, démocratique ?
La nature mythique des histoires, des légendes, des récits fondateurs et des traditions, dont l'impact dépend autant du talent du conteur, de sa vision, que du propos lui-même, tout cela est affaibli face l'aveuglante vérité de la chose écrite qui s'impose là, immuable ! Les penseurs, les écoles qui se sont développées à partir de la chose écrite ont rapidement déclaré que l'écrit portait la vérité, et que l'oral relevait de la rumeur, du mythe, voire de la falsification. Il ont donc développé une critique de la pensée établie, ils ont brisé les traditions, les dogmes, ils ont remis en cause les dieux, les héros... Et c'est bien cette tradition critique qui est un des moteurs puissant du développement de la philosophie grecque.
Mais cet écrit a été le contraire de la démocratie ! Cette pourtant fameuse démocratie que les Grecs ont inventé ! L'écrit n'est accessible qu'à l'élite, ceux qui ont l'éducation, cette denrée rare dans les temps anciens, où seuls quelques familles nobles pouvaient envoyer les enfants dans les écoles, ou employer des précepteurs. La connaissance, le savoir consigné dans les écrits ne pouvait exister que dans quelques milieux très privilégiés et très restreints, bien loin de la vie du monde, la vie du peuple, de la communauté entière.
Alors que l'oralité, elle, touche tout le monde ! Elle est exprimée à tout moment, dans tous les lieux, au fin fond de telle campagne reculée, de s montagnes, des déserts, elle est portée par le verbe et la puissance d'évocation du conteur, elle est accessible au plus illettré, au plus pauvre, au plus fou, au plus sauvage des hommes, le conteur a sa place partout, il va dans le monde et transmet la parole, le récit, l'histoire, la légende...
Le fait que nous n'ayons pas de témoignage direct de la philosophie gauloise implique-t-elle une valeur moindre que la grecque qui s'est inscrite dans des textes ? Bien sûr la philosophie des druides a disparue avec eux, alors que la philosophie grecque nous impressionne encore !
On entend dire : si la pensée gauloise avait été supérieure, elle aurait perduré ; mais le bouleversement de la conquête romaine, par les armes puis par les institutions et la religion, a été tellement puissant que manifestement la philosophie gauloise, quelle qu'elle ait été, n'a guère résisté. Même si elle avait été porté par des écrits ne veut pas dire qu'elle aurait survécu !
Mais là encore, la question n'est pas de hiérarchiser, de mettre en compétition telle ou telle culture, telle ou telle civilisation. Qui sommes nous pour juger la valeur d'une civilisation ? A quoi ça rime ? A quoi ça sert ?
Qu'est-ce que la valeur intrinsèque d'une civilisation ?
Celle qui donne à manger à ses enfants ?
Celle qui évite de les offrir en esclaves aux autres ? Bien sûr ! Ça c'est le principe de puissance : être le plus fort pour rester libre ! C'est la base de l'occident, entre autres.
Mais il y a eu d'autres mouvements philosophiques qui ont traversé les peuples, les sociétés, les cultures, et qui offrent à leurs disciples des bases de croyances, de préceptes de vie, qui sont intenses, riches, extrêmement complexes et profonds, qui interrogent la nature humaine et la nature de l'Univers à un degré que nous n'imaginons même pas !
Les philosophes grecs, par le fait de figer la connaissance sur un support, l'a-t-elle rendue plus accessible, plus "palpable", plus réelle, démocratique ?
La nature mythique des histoires, des légendes, des récits fondateurs et des traditions, dont l'impact dépend autant du talent du conteur, de sa vision, que du propos lui-même, tout cela est affaibli face l'aveuglante vérité de la chose écrite qui s'impose là, immuable ! Les penseurs, les écoles qui se sont développées à partir de la chose écrite ont rapidement déclaré que l'écrit portait la vérité, et que l'oral relevait de la rumeur, du mythe, voire de la falsification. Il ont donc développé une critique de la pensée établie, ils ont brisé les traditions, les dogmes, ils ont remis en cause les dieux, les héros... Et c'est bien cette tradition critique qui est un des moteurs puissant du développement de la philosophie grecque.
Mais cet écrit a été le contraire de la démocratie ! Cette pourtant fameuse démocratie que les Grecs ont inventé ! L'écrit n'est accessible qu'à l'élite, ceux qui ont l'éducation, cette denrée rare dans les temps anciens, où seuls quelques familles nobles pouvaient envoyer les enfants dans les écoles, ou employer des précepteurs. La connaissance, le savoir consigné dans les écrits ne pouvait exister que dans quelques milieux très privilégiés et très restreints, bien loin de la vie du monde, la vie du peuple, de la communauté entière.
Alors que l'oralité, elle, touche tout le monde ! Elle est exprimée à tout moment, dans tous les lieux, au fin fond de telle campagne reculée, de s montagnes, des déserts, elle est portée par le verbe et la puissance d'évocation du conteur, elle est accessible au plus illettré, au plus pauvre, au plus fou, au plus sauvage des hommes, le conteur a sa place partout, il va dans le monde et transmet la parole, le récit, l'histoire, la légende...
Le fait que nous n'ayons pas de témoignage direct de la philosophie gauloise implique-t-elle une valeur moindre que la grecque qui s'est inscrite dans des textes ? Bien sûr la philosophie des druides a disparue avec eux, alors que la philosophie grecque nous impressionne encore !
On entend dire : si la pensée gauloise avait été supérieure, elle aurait perduré ; mais le bouleversement de la conquête romaine, par les armes puis par les institutions et la religion, a été tellement puissant que manifestement la philosophie gauloise, quelle qu'elle ait été, n'a guère résisté. Même si elle avait été porté par des écrits ne veut pas dire qu'elle aurait survécu !
Mais là encore, la question n'est pas de hiérarchiser, de mettre en compétition telle ou telle culture, telle ou telle civilisation. Qui sommes nous pour juger la valeur d'une civilisation ? A quoi ça rime ? A quoi ça sert ?
Qu'est-ce que la valeur intrinsèque d'une civilisation ?
Celle qui donne à manger à ses enfants ?
Celle qui évite de les offrir en esclaves aux autres ? Bien sûr ! Ça c'est le principe de puissance : être le plus fort pour rester libre ! C'est la base de l'occident, entre autres.
Mais il y a eu d'autres mouvements philosophiques qui ont traversé les peuples, les sociétés, les cultures, et qui offrent à leurs disciples des bases de croyances, de préceptes de vie, qui sont intenses, riches, extrêmement complexes et profonds, qui interrogent la nature humaine et la nature de l'Univers à un degré que nous n'imaginons même pas !
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Attente
Septembre... l'attente avant les vendanges..
c'est toujours un moment particulier, j'imagine, pour les vignerons. Il n'y a plus rien à faire à la vigne... ou si peut. Aujourd'hui on fait un effeuillage léger, les feuilles tombent presque toute seules rien qu'en les effleurant...
A la cave, on a nettoyé, lavé, brossé, récuré, testé, arrangé, vérifié.. les pressoirs, les barriques, les cuves et les tables. Tout est prêt.
On tourne en rond.
On attend.
On regarde le ciel, on espère, on retourne voir la vigne, on mesure, on discute avec l'oenologue et le labo.
Décidément, le Vin est vraiment sous le signe du Temps !
Le temps du vigneron, le temps de la vigne, qui s'étire, qui se fait sentir, qui impose sa loi, le temps du cep pour grandir et donner ses fruits, le temps de vieillissement dans le chai, le temps écrit sur les étiquettes des millésimes...
c'est toujours un moment particulier, j'imagine, pour les vignerons. Il n'y a plus rien à faire à la vigne... ou si peut. Aujourd'hui on fait un effeuillage léger, les feuilles tombent presque toute seules rien qu'en les effleurant...
A la cave, on a nettoyé, lavé, brossé, récuré, testé, arrangé, vérifié.. les pressoirs, les barriques, les cuves et les tables. Tout est prêt.
On tourne en rond.
On attend.
On regarde le ciel, on espère, on retourne voir la vigne, on mesure, on discute avec l'oenologue et le labo.
Décidément, le Vin est vraiment sous le signe du Temps !
Le temps du vigneron, le temps de la vigne, qui s'étire, qui se fait sentir, qui impose sa loi, le temps du cep pour grandir et donner ses fruits, le temps de vieillissement dans le chai, le temps écrit sur les étiquettes des millésimes...
![]() |
| effeuillage en Saint-Joseph rouge - Chavanay - Domaine des Amphores (avec une prise de son en pleine vigne...) |
ruines...
le signe d'un Titan,
l'herbe amère,
d'un serpent dérangé qui enserre la gueule des géants,
Dionysos mène ses troupes,
mais poliment s'assoit à la table des Dieux
l'herbe amère,
d'un serpent dérangé qui enserre la gueule des géants,
Dionysos mène ses troupes,
mais poliment s'assoit à la table des Dieux
la terre du volcan (Santorin)
La poussière de la cendre s'élève à chaque pas que l'on fait sur cette terre noire et blanche. Légère, sèche, elle aspire chaque parcelle d'humidité comme un buvard. Elle est blanche comme la poussière des morts. Dessus, ce sont les pierres noires, les pierres sombres comme le malheur qui guette les hommes depuis les origines, ce malheur de la vie trop dure, de la vie ingrate. Et ce vent, toujours ce vent qui rend fou, le meltem qui débusque jusque dans tous les recoins de la conscience la paix qui voudrait s'installer.
Rencontre au détour d'un chemin à Santorin, dans l'île au volcan englouti, où l'assyrtico fraye son chemin dans l'aridité de la poussière et se recroqueville en nids sous les assauts du vent fou.
Rencontre au détour d'un chemin à Santorin, dans l'île au volcan englouti, où l'assyrtico fraye son chemin dans l'aridité de la poussière et se recroqueville en nids sous les assauts du vent fou.
volcano vine from danderen on Vimeo.
Madagascar, une vigne sous les tropiques
Plaine d'Ambalavao.
C'est un lieu fascinant de Madagascar ! On quitte les Hauts Plateaux, les terres Merina ou Betsileo, froides, riches, industrieuses, avec leurs rizières étagées le long des montagnes, on passe le col et c'est la plongée dans la lumière chaude du Sud, les couleurs brûlées des graminées, les eucalyptus, la cuvette-oasis de la petite ville d'Ambalavao, pimpante, animée, joyeuse, aux belles maisons de briques rouges, le tout cerné par un amphithéâtre de montagnes magiques qui jettent leurs faces lisses de granit jusqu'au ciel limpide.
Les esprits sont bien là chez eux, en haut de ces falaises inaccessibles, polies, brillantes, inhumaines. On voit même leurs grottes, ces petits trous creusés de ci-de là dans la roche-mère.
Ici la sauvagerie du Sud commence, les grands espaces où les Bara, les voleurs de zébus comme on les appelle sans distinction, naviguent libres dans l'océan désert du bush.
Et c'est ici que la (petite) histoire de la vigne à Madagascar a commencé, on est presque sous le Tropique du Capricorne, quelle aventure pour notre liane géorgienne de venir taquiner les ancêtres...
C'est un lieu fascinant de Madagascar ! On quitte les Hauts Plateaux, les terres Merina ou Betsileo, froides, riches, industrieuses, avec leurs rizières étagées le long des montagnes, on passe le col et c'est la plongée dans la lumière chaude du Sud, les couleurs brûlées des graminées, les eucalyptus, la cuvette-oasis de la petite ville d'Ambalavao, pimpante, animée, joyeuse, aux belles maisons de briques rouges, le tout cerné par un amphithéâtre de montagnes magiques qui jettent leurs faces lisses de granit jusqu'au ciel limpide.Les esprits sont bien là chez eux, en haut de ces falaises inaccessibles, polies, brillantes, inhumaines. On voit même leurs grottes, ces petits trous creusés de ci-de là dans la roche-mère.
Ici la sauvagerie du Sud commence, les grands espaces où les Bara, les voleurs de zébus comme on les appelle sans distinction, naviguent libres dans l'océan désert du bush.
Et c'est ici que la (petite) histoire de la vigne à Madagascar a commencé, on est presque sous le Tropique du Capricorne, quelle aventure pour notre liane géorgienne de venir taquiner les ancêtres...
Salomon , Vigneron de Géorgie
On a rendez-vous avec Solomon Tsaishvili.
Il est installé en Géorgie, en Kakhétie, cette plaine orientale où est produit le meilleur de la production viticole géorgienne.
Nous sommes partis de Tbilissi sous la pluie, temps bouché, triste, on crève à Gurjaani, je me retrouve les mains dans la boue pour changer la roue, pas terrible quand on part en tournage et qu'il faut poser ses pattes sales sur la caméra !!!
Bref, pas terrible comme mise en route... Solomon nous accueille, bourru, mais son œil pétillant laisse présager quelque surprise... C'est l'automne, les arbres dégouttent de la pluie et leurs feuilles jaunes s'apprêtent à l'hiver. La maison est pleine de ce charme des maisons géorgiennes, même si le temps froid et humide n'aide pas : on s'installe dans la véranda fermée, toute en bois, sur un vieux canapé défoncé et une table vieillotte C'est là qu'on dégustera les vins de Solomon tout à l'heure (Khatsiteli, Mtsvane - pour les blancs, Saperavi pour les rouges).
Mais c'est l'heure de la visite du chai, du "marani" !
Solomon vinifie selon
" la Méthode Kakhétienne " (prononcer karétienne)
c'est-à-dire qu'il met la récolte avec les rafles dans les kvevris enterrés. La fermentation faite, le solide descend au fond de la jarre, forme un dépôt solide, tandis que les pépins seuls flottent encore, et le jus devient très clair, il n'y a presque pas besoin de filtration. Ensuite il transvase le vin dans des kvevris de garde, dans le 2ème marani où le vin est élevé un ou deux ans.
Solomon est adepte de la biodynamie et de l'agriculture biologique, il cherche sa voie entre tradition géorgienne et nouveaux savoirs œnologiques C'est très intéressant, et son vin est très intéressant aussi. La dégustation du Saperavi était vraiment originale, avec la puissance incroyable du Saperavi, et une intensité d'arômes, presque sauvages qui promettait un vieillissement complexe et harmonieux.
Ensuite nous sommes allés dans les vignes, alors qu'au loin les montagnes du Dagestan enneigées offraient un sentiment un peu à l'égal du vin de Solomon, fait d'une longue histoire, enraciné dans les millénaires de civilisation et d'humanité, fait d'espace et en même temps d'amour de son jardin, de son petit bout de terre sur la Route de la Soie, la Route du Monde.
Solomon (Soliko) Tsaishvili, "Our Wine", Gurjaani Kakheti
merci à Nino Kveselava, Ina et Caty pour cette belle journée.
Il est installé en Géorgie, en Kakhétie, cette plaine orientale où est produit le meilleur de la production viticole géorgienne.
Nous sommes partis de Tbilissi sous la pluie, temps bouché, triste, on crève à Gurjaani, je me retrouve les mains dans la boue pour changer la roue, pas terrible quand on part en tournage et qu'il faut poser ses pattes sales sur la caméra !!!
Bref, pas terrible comme mise en route... Solomon nous accueille, bourru, mais son œil pétillant laisse présager quelque surprise... C'est l'automne, les arbres dégouttent de la pluie et leurs feuilles jaunes s'apprêtent à l'hiver. La maison est pleine de ce charme des maisons géorgiennes, même si le temps froid et humide n'aide pas : on s'installe dans la véranda fermée, toute en bois, sur un vieux canapé défoncé et une table vieillotte C'est là qu'on dégustera les vins de Solomon tout à l'heure (Khatsiteli, Mtsvane - pour les blancs, Saperavi pour les rouges).
Mais c'est l'heure de la visite du chai, du "marani" !
Solomon vinifie selon
" la Méthode Kakhétienne " (prononcer karétienne)
c'est-à-dire qu'il met la récolte avec les rafles dans les kvevris enterrés. La fermentation faite, le solide descend au fond de la jarre, forme un dépôt solide, tandis que les pépins seuls flottent encore, et le jus devient très clair, il n'y a presque pas besoin de filtration. Ensuite il transvase le vin dans des kvevris de garde, dans le 2ème marani où le vin est élevé un ou deux ans.
Solomon est adepte de la biodynamie et de l'agriculture biologique, il cherche sa voie entre tradition géorgienne et nouveaux savoirs œnologiques C'est très intéressant, et son vin est très intéressant aussi. La dégustation du Saperavi était vraiment originale, avec la puissance incroyable du Saperavi, et une intensité d'arômes, presque sauvages qui promettait un vieillissement complexe et harmonieux.
Ensuite nous sommes allés dans les vignes, alors qu'au loin les montagnes du Dagestan enneigées offraient un sentiment un peu à l'égal du vin de Solomon, fait d'une longue histoire, enraciné dans les millénaires de civilisation et d'humanité, fait d'espace et en même temps d'amour de son jardin, de son petit bout de terre sur la Route de la Soie, la Route du Monde.
Solomon (Soliko) Tsaishvili, "Our Wine", Gurjaani Kakheti
merci à Nino Kveselava, Ina et Caty pour cette belle journée.
(mise à jour)
Addition de la vidéo de l'interview de Nana Rusishvili (paléobotaniste)
au post Petit cours d'archéo-botanique
au post Petit cours d'archéo-botanique
Note Filmique #4
Une des questions qui se pose dans le documentaire d'histoire, c'est la reconstitution historique !
Parce que c'est bien sûr un des buts, disons un des attraits de l'histoire, c'est la capacité d'évocation du passé, plonger, s'immerger dans le passé, bref, dans un univers... de fiction !
Donc comment ne pas envisager ça dans ce docu !!
Le problème est que la fiction est difficile à mélanger avec de la non -fiction. Soit on est plongé dans un univers fictif, on y est bien, on vit avec les personnages, on s'identifie, et alors on n'a pas envie d'en sortir à tout bout de champ, interrompu par des interviews sérieux et tout.
Soit c'est juste de l'illustration plaquée là d'une façon artificielle et ça n'a guère d'intérêt !
L'intérêt de la fiction est de faire vivre des gens dans des situations d'époque. Perso, c'est nettement les gens communs qui m'intéressent, ceux qui composent l'essentiel de la société, pas les rois ni les papes ; donc, on fait revivre une scène dans l'histoire, avec des gens qui vivent un instant particulier de leur histoire, un moment qui nous sert d'exemple pour raconter la relation au vin des sociétés à chaque époque.
On découvre des personnages, on s'identifie, on comprend leur psychologie, leurs relations etc.
Comment basculer, alors qu'on est bien chez ces gens là, qu'on a du plaisir à être plongés dans l'histoire, comment les quitter pour se plonger dans une analyse scientifiques, une explication, une démonstration ???
On immerge le présent dans le passé, on rend ludique le sérieux, et on fictionnalise la fiction (!!!), c'est-à-dire on prend du recul, on intègre un élément réel dedans, notre scène de fiction devient une scène, un théâtre, un plateau de reconstitution historique, et le scientifique y entre un peu intermédiaire entre fiction et réalité.
Après, il faut voir aussi que ça peu vite devenir ringard, l'archéologue qui se balade au milieu d'une scène de fiction. Il faut voir à décaler les deux scènes, fiction historique et scientifique intervenant dans la fiction historique !
Figer la scène de fiction en image de synthèse est évidemment une vraie bonne solution, seulement les moyens de production deviennent beaucoup plus lourds !!
Après, il faut voir aussi que ça peu vite devenir ringard, l'archéologue qui se balade au milieu d'une scène de fiction. Il faut voir à décaler les deux scènes, fiction historique et scientifique intervenant dans la fiction historique !
Figer la scène de fiction en image de synthèse est évidemment une vraie bonne solution, seulement les moyens de production deviennent beaucoup plus lourds !!
Condrieu, veilleur du Rhône
Le vin sous la neige
Géorgie, Imereti
Février ; la neige est tombée toute la journée, intense, lourde, bientôt 20 cm ajoutés à ceux de l'hiver. Andro veut remplir les cruches et les bouteilles en plastique du vin de sa production. C'est dans le jardin que ça se passe ; les kvevri, les jarres sont enterrées là, celles que l'on avait rempli de jus du raisin vendangé cet automne, foulé dans le vieux "marani".
Sous la neige, protégé du froid dans le sol, sous de vieilles bâches et un bouchon de glaise, le vin a fermenté, il attend, calmé, qu'on le cueille dans le pot au bout du bâton.
Ce soir on va chanter, on va déclamer, raconter des histoires autour de la table géorgienne, couverte de plats divers, et on va boire pendant quelques heures...
C'est aujourd'hui, mais c'est aussi hier, depuis la nuit des temps que l'on met le vin à fermenter dans des poteries enterrées. Les Grecs, les Romains le faisaient dans les dolia. Et certainement dès le néolithique, dès que la poterie a été inventée, on a voulu protéger le vin des ardeurs du soleil et de la chaleur dans ces régions semi-désertiques, on a certainement dû enterrer les jarres très tôt ! Bien sûr les techniques ont évolué, mais ici, en Géorgie, on a soudain la sensation d'être en relation directe avec toutes les époques, de relier l'Histoire à nous, de vivre en connection avec des générations d'hommes et de femmes qui ont cultivé leur vigne, siècle après siècle, alors que le tumulte du monde déferlait autour de leurs terres.
du vin sous la neige from danderen on Vimeo.
Février ; la neige est tombée toute la journée, intense, lourde, bientôt 20 cm ajoutés à ceux de l'hiver. Andro veut remplir les cruches et les bouteilles en plastique du vin de sa production. C'est dans le jardin que ça se passe ; les kvevri, les jarres sont enterrées là, celles que l'on avait rempli de jus du raisin vendangé cet automne, foulé dans le vieux "marani".
Sous la neige, protégé du froid dans le sol, sous de vieilles bâches et un bouchon de glaise, le vin a fermenté, il attend, calmé, qu'on le cueille dans le pot au bout du bâton.
Ce soir on va chanter, on va déclamer, raconter des histoires autour de la table géorgienne, couverte de plats divers, et on va boire pendant quelques heures...
C'est aujourd'hui, mais c'est aussi hier, depuis la nuit des temps que l'on met le vin à fermenter dans des poteries enterrées. Les Grecs, les Romains le faisaient dans les dolia. Et certainement dès le néolithique, dès que la poterie a été inventée, on a voulu protéger le vin des ardeurs du soleil et de la chaleur dans ces régions semi-désertiques, on a certainement dû enterrer les jarres très tôt ! Bien sûr les techniques ont évolué, mais ici, en Géorgie, on a soudain la sensation d'être en relation directe avec toutes les époques, de relier l'Histoire à nous, de vivre en connection avec des générations d'hommes et de femmes qui ont cultivé leur vigne, siècle après siècle, alors que le tumulte du monde déferlait autour de leurs terres.
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